Scène III
ROSEMBERG, BaRBERINE, KalÉKAIRI
KALÉKAiRi. Elle reste an fond du théâtre Voici la maîtresse.
BARBERINE
Seigneur, vous êtes le bienvenu. Vous arrivez, m'at-on dit, de la cour. Comment se porte mon mari? Que fait-il? Où est-il? A la guerre?... Hélas! répondez.
ROSEMBERG
Il est à la guerre, madame, je le crois, du moins. Pour ce qu'il fait, cela semble facile à dire; il sufSt de vous regarder pour le supposer. Qui peut vous avoir
vue et vous oublier? Il pense à vous, sans doute, comtesse, et, tout éloigné qu'il est de vous, son sort est plus digne d'envie que de pitié, si, de votre côté, vous pensez à lui. Voici une lettre qu'il m'a confiée.
BARBÈRINE, Hsant
« C'est un jeune cavalier du plus grand mérite, et qui appartient à l'une des plus nobles familles des deux royaumes. Recevez-le comme un ami ... » Je ne vous en lis pas plus; nous ne sommes riches que de bonne volonté, mais nous vous recevrons le moins mal possible.
J'ai laissé quelque part par là mes chevaux et mes écuyers. Je ne saurais voyager sans un cortège considérable, attendu ma naissance et ma fortune; mais je ne veux pas vous embarrasser de ce train . . .
BARBERIXE
Pardonnez-moi, mon mari m'en voudrait si je n'insistais; nous leur enverrons dire de venir ici.
ROSEMBERG
Quel remercîment puis-je faire pour un accueil si favorable?'' Cette blanche main, du haut de ces tourelles, a daigné faire signe qu'on m'ouvrît la porte, et ces beaux yeux ne la contredisent pas. — Ils m'ouvrent aussi, noble comtesse, la porte d'un cœur hospitalier. — Permettez que j'aille moi-même prévenir ma suite, et je reviens auprès de vous — j'ai quelques ordres à donner. . . {A part.) Du courage, et les poches pleines ! Je veux prendre un peu l'air des alentours.