‹ Quatre comédies. Edited with an introd. and notes by Raymond WeeksChapitre 44 sur 75 · Scène XI Les précédents, La Reine, Ulric, Barberine · texte numérisé non relu

Scène XI Les précédents, La Reine, Ulric, Barberine

COURTISANS, etc.

LA reine, à Barberine Oui, comtesse, nous avons voulu venir nous-même vous rendre visite.

barberine Notre pauvre maison, madame, n'est pas digne de vous recevoir.

LA REINE

Je tiens à honneur d'y être reçue. {A Rosemhcrg.) Eh bien, Rosemberg, ton pari?

ROSEMBERG

Il est perdu, madame, comme vous voyez.

KALÉKAiRi, bas à Roscjuberg Oui, bien perdu.

LA REINE

Es-tu content de ton voyage? Comment trouves- tu ce château? Tu n'oublieras pas, je l'espère, l'hospitalité qu'on y trouve?

ROSEMBERG

Je ne manquerai pas de m'en souvenir, madame, toutes les fois que je ferai quelque sottise.

KALÉKAiRi, bas à Roseniberg Ce sera souvent.

LA REINE

Il est fâcheux que celle-ci te coûte un peu cher.

BARBERINE

Madame, si Votre Majesté daigne m'accorder une grâce, je lui demande de consentir à ce que ce pari soit oublié.

ULRIC

Je le demande aussi, madame. Si j'avais douté du I cœur de ma femme, je pourrais profiter de cette ga- ; genre, et me faire payer mon souci; mais, en con- I science, je n'ai rien gagné. Voici tout le prix que j'en \ veux avoir. {Il donne à sa femme une poignée de main. )

ROSEMBERG, à part Par mon patron,^^ voilà un digne homme.

KALÉKAiRi, bas à Rosemherg Vous êtes guéri, n'est-ce pas?

LA REINE

Que cela vous plaise ainsi, je le veux bien. Mais notre parole royale est engagée, et nous ne saurions oublier que nous nous sommes portée pour témoin de la querelle. Ainsi, Rosemberg, tu payeras.

Madame, l'argent est tout prêt.

KALÉKAiRi, bas à Roscmbcrg Que va dire votre tante Béatrice?

LA REIXE

Mais vous comprenez, comte Ulric, que si notre justice ordonne que le prix de votre gageure vous soit remis, notre pouvoir ne va pas si loin que de vous contraindre à l'accepter. — Ainsi, Rosemberg, là-dessus, tu feras ta cour à la comtesse.

ROSEMBERG

De tout mon cœur, madame, et s'il se pouvait. . .

LA REINE

Un instant. Nous avons appris, de la bouche même de la comtesse, le succès de cette aventure; mais ces messieurs ne le connaissent pas, et il est juste qu'ils en soient instruits, ayant assisté, comme nous, aux débuts de cette entreprise. Voici deux lettres qui en parlent; Rosemberg, tu vas nous les lire.

JE, fi •

BARBERINE

Ah! madame!

LA REINE

Êtes- VOUS si généreuse? Eh bien, je les lirai moimême. En voici une d'abord, adressée au comte, et qui n'est pas longue, car elle ne contient qu'un mot: « Venez. )) Signée: (( Kalékairi. )) Qui a écrit cela?

C'est moi, madame.

LA REINE

Tu as peu et bien dit, c'est un talent rare. Maintenant, messieurs, voici l'autre. {Elle lit. ) « Mon très cher et honoré mari,

« Nous venons d'avoir au château la visite du jeune baron de Rosemberg, qui s'est dit votre ami et envoyé par vous. Bien qu'un secret de cette nature soit ordinairement gardé par une femme avec justice, je vous dirai toutefois qu'il m'a parlé d'amour. J'espère qu'à ma prière et recommandation vous n'en tirerez aucune vengeance, et que vous n'en concevrez aucune haine contre lui. C'est un jeune homme de bonne famille, et point méchant. Il ne lui manquait que de savoir filer, et c'est ce que je vais lui apprendre. Si vous avez occasion de voir son père à la cour, dites-lui qu'il n'en soit point inquiet. Il est dans notre grand'salle, au premier étage, où il a une quenouille avec un fuseau, et il file, ou il va filer. Vous trouverez extraordinaire que j'aie choisi pour lui cette occupation, mais, comme j'ai reconnu qu'avec de bonnes qualités

il ne manquait que de réflexion, j'ai pensé que c'était pour le mieux de lui apprendre ce métier qui lui permettra de réfléchir à son aise, en même temps qu'il peut lui faire gagner sa vie. Vous savez que notre grand'salle est close de verrous fort solides; je lui ai dit de m'y attendre, et je l'ai enfermé. Il y a au mur un guichet fort commode, par lequel on lui passera la nourriture, ce qui fait que je ne doute pas qu'il ne sorte d'ici avec beaucoup d'avantage, et qu'en outre, si dans le cours de sa vie quelque malheur venait à l'atteindre, il ne se félicite d'avoir dans les mains un gagne-pain assuré pour ses jours.

(( Je vous salue, vous aime et vous embrasse,

Si vous riez de cette lettre, seigneurs chevaliers. Dieu garde vos femmes de malencontre ! Il n'y a rien de si sérieux que l'honneur. Comte Ulric, jusqu'à demain nous voulons rester votre hôtesse, et nous entendons qu'on publie que nous avons fait le voyage exprès, suivie de toute notre cour, afin qu'on sache que le toit sous lequel habite une honnête femme est aussi saint lieu que l'église, et que les rois quittent leurs palais pour les maisons qui sont à Dieu.

ON NE SAURAIT PENSER A TOUT

ON NE SAURAIT PENSER A TOUT

This little play is like some trifle made of a délicate fabric, embroidered, and touched up with spangles. It is ail shimmer and sparkle, with just enough substance, just enough color to show a charming pattern.

The vagaries of the absent-minded are ever new, and ever amusing. If the character of Valberg should at any moment seem overdrawn that should not be set down as a fault in the play. Anything just short of the extremity of abstraction would be dull, and ISIusset is never duU. The extravagance of the character is what makes it so delightfully amusing; there is no irony, no malice between the Unes, it is ail pure fun. The précise, punctual baron is only too true to life, and the characters set each other off to perfection. The countess is a délicate little création; her fine sensé of the ridiculous appréciâtes fuUy the vagaries of Valberg, but her common sensé would hâve those aberrations stop short of trying her patience be- 3'ond endurance. She says truly of patience: "il n'est jamais bon d'avoir affaire à elle; c'est l'ennemie mortelle des femmes." It is possible that a reflex of the baron may be seen in young Valentin of "la Belle Aventure," by Caillavet, Fiers and Rey.

ON NE SAURAIT PENSER A TOUT

Personnages

Le Marquis de Valberg

Le Baron

Germain

La Comtesse de V'erxon

Victoire, femme de chambre de la Comtesse

La scène est à la campagne.

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