‹ Quatre comédies. Edited with an introd. and notes by Raymond WeeksChapitre 9 sur 75 · Scène XI Malvolio, Hermia, deux valets · texte numérisé non relu

Scène XI Malvolio, Hermia, deux valets

HERMIA

A-t-on fait ce que j'ai ordonné? A-t-on dit aux musiciens de venir?

MALVOLIO

Oui, madame, ils seront ce soir à vos ordres, ou pour mieux parler . . .

HERMIA

Qu'est-ce à dire? A-t-on tout préparé comme je l'ai dit pour le souper? Vous direz à mon fils que je regrette de ne pasj'avoir vu. — A quelle heure est-il donc sorti?

MALVOLIO

Pour être sorti, il faudrait d'abord qu'il fût rentré. Il a passé la nuit dehors.

HERMIA

Vous ne savez ce que vous dites. — Il a soupe hier avec moi, et m'a ramenée à la maison. A-t-on fait porter dans le cabinet d'étude le tableau que j'ai acheté ce matin?

MALVOLIO

Du vivant de son père, il n'en aurait pas été ainsi.

HERMIA

Mais du vivant de sa mère, il en est ainsi, Malvolio. Qui vous a chargé de veiller sur sa conduite? Songez-y: que Célio ne rencoçitre pas sur son passage un visage de mauvais augure; qu'il ne vous entende pas gronder ainsi entre vos dents, ou par le ciel ! pas un de vous ne passera la nuit sous son toit.

MALVOLIO

Je ne gronde pas; ma figure n'est pas un mauvais présage. Vous me demandez à quelle heure est sorti

mon maître, et je vous réponds qu'il n'est pas rentré. Depuis qu'il a l'amour en tête, on ne le voit pas quatre fois la semaine.

HERMIA

Pourquoi les livres de Célio sont-ils couverts de poussière? Pourquoi ses meubles sont-ils en désordre? Pourquoi faut-il que je mette la main à tout dans la maison de mon fils, si je veux obtenir quelque chose? Il vous appartient bien de lever les yeux sur ce qui ne vous regarde pas, lorsque votre ouvrage est à moitié fait, et que les soins dont on vous charge retombent sur les autres. Allez, et retenez votre langue.

Page 1