LA CHASSE
La délibération ne fut pas longue. Après quelques minutes, le tribunal rentra en séance. M. Chay était condamné à mort à l'unanimité.
On le ramena au cachot d'Adrien ; l'infortuné chasseur était dans un état physique et moral digne de pitié.
Ces choses se passaient à Rome sous le consulat de M. de Norvins, le célèbre historien de Napoléon. Quand la sentence de mort lui fut communiquée, M. de Norvins voulut, avant l'exécution, faire subir un dernier interrogatoire au condamné.
On amena donc M. Chay au préfet impérial.
M. de Norvins écrit non seulement fort bien les langues française et italienne, mais il comprend aussi les divers idiomes de nos provinces méridionales. Il entendit parfaitement ce que lui disait le malheureux artiste. La bonne foi, la candeur, l'innocence du chasseur provençal, éclatèrent bientôt dans ce nouveau tribunal.
Il y eut sursis et instruction nouvelle, basée sur l'itinéraire de chasse fourni par le voyageur ; et, au bout de ces longueurs nécessaires, arriva un inévitable acquittement.
AUCHASTRE 99
M. de Norvins, que cette odyssée d'un artiste marseillais à la poursuite de l'oiseau augurai avait fait sourire d'abord et puis rêver, s'intéressa vivement à M. Chay et lui fit donner une bonne place dans l'administration.
L'artiste chasseur est tranquillement resté à Rome jusqu'en 1814.
A la paix, il vint reprendre son poste à Marseille ; et depuis, campagnard sédentaire, célibataire de plus en plus joyeux, il laisse couler sa vie entre le violoncelle et le fusil à deux coups.
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MÉRÏ — - 7
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