‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 112 sur 163 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

LOHENGRIN

Eisa, quel secret oses-tu affronter ?

ELSA

Époux pour mon malheur trop aimé, écoute! Écoute la question que la nécessité m'arrache! Dis-moi ton nom !

Arrête !

ELSA

De quel séjour es-tu venu ?

LOHENGRIN

Malheur à toi !

ELSA

Quelle est ta nature ?

LOHENGRIN

Malheur à nous ! qu'as-tu fait !

(Eisa, debout devant Lohengrin qui tourne le dos au fond de la scène, voit par la porte qui est derrière lui entrer Frédéric et les quatre nobles Brabançons en brandissant leur épée.)

ELSA, jetant un cri de terreur.

Sàuve-toi ! ton épée ! ton épée !

234 LOHENGRIN

(Elle saisit en un clin d'œil l'épée déposée auprès du lit de repos, et la présente à Lohengrin de manière qu'il puisse rapidement la tirer du fourreau. Lohengrin atteint Frédéric, et l'étend mort d'un seul coup. Les nobles, effrayés, laissent tomber leurs épées et se jettent à genoux aux pieds de Lohengrin. Eisa, qui s'était jetée devant lui, glisse lentement à terre, évanouie. Long silence plein d'anxiété.)

LOHENGRIN

Malheur! C'en est fait maintenant de notre bonheur î

(Il se baisse vers Eisa, la relève lentement, et l'appuie sur le lit de

repos.)

ELSA, ouvrant les yeux avec langueur.

Dieu éternel ! aie pitié de moi !

(Le jour s'est levé peu à peu ; les flambeaux épuisés menacent de s'éteindre. Sur un signe de Lohengrin les quatre nobles se lèvent.)

LOHENGRIN

Portez le mort au tribunal du roi !

(Les nobles prennent le corps de Frédéric et s'éloignent par une porte du fond. Lohengrin tire une sonnette; quatre femmes entrent.)

LOHENGRIN, aux femmes.

Pour la conduire devant le roi, parez Eisa, ma douce épouse ! Là je veux lui répondre, et lui faire connaître la nature de son époux.

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