‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 29 sur 163 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

LE HOLLANDAIS donne à son équipage un signal avec un coup de sifflet éclatant.

Les voiles au vent! l'ancre au navire ! dites à la terre un éternel adieu.

SENTA, chantant avec le Hollandais et Erik.

Ah! doutes-tu de ma fidélité? Infortuné, qu'est-ce qui t'aveugle? Arrête! ne regrette pas notre alliance! ce que j'ai promis, je le tiendrai.

LE HOLLANDAIS , chantant avec Senta et Erik.

Me voilà une fois encore repoussé sur la mer! Je doute de toi, je doute de Dieu ! C'en est fait de toute fidélité , ce que tu me promettais n'était que moquerie.

ERIK , chantant avec Senta et le Hollandais.

Qu'entends-je? ô mon Dieu! Que vois-je? Faut-il en croire mes oreilles, mes yeux? Senta! veux-tu courir à ta perte ? Viens à moi ! tu es dans les griffes de Satan !

LE HOLLANDAIS

Apprends le sort dont je veux te préserver ! Je suis condamné à la plus affreuse des destinées ; dix morts seraient pour moi une faveur souhaitée ! Une femme seule peut me relever de cette malédiction , une femme qui me voue une fidélité jusqu'à la mort. Tu m'as bien promis fidélité, mais pas encore devant Dieu; c'est ce qui fait ton salut! car sache, infortunée, quel est l'arrêt dont sont frappées celles qui m'ont rompu leur foi: damnation éternelle, voilà leur destinée. Des victimes sans nombre ont subi à cause de moi cette sentence ; mais toi, il faut que tu y échappes! Adieu, Senta! Adieu aussi, mon salut, pour l'éternité!

ERIK, dans une angoisse horrible.

Au secours ! sauvez-la ! sauvez-la !

SENTA , dans la plus vive agitation.

Je le connais bien ! je connais ta destinée ! Je te connaissais lorsque je t'ai vu pour la première fois ! La fin de ton supplice est là! C'est moi dont la fidélité sera le prix de ton salut !

(Aux cris d'Erik sont accourus de la maison Daland , Mary, les jeunes filles ; les matelots sont descendus du navire.)

ERIK

Secourez-la! Elle est perdue!

DALAND, MARY et le CHŒUR.

Que vois-je !

LE HOLLANDAIS, à Senta.

Tu ne me connais pas,. tu ne peux deviner qui je suis!

(il montre son vaisseau, dont les voiles rouges sont déployées et dont l'équipage, dans une agitation effroyable, est en train d'appareiller.)

Interroge les mers de toutes les zones, interroge le navigateur qui a sillonné TOcéan dans tous les sens, il connaît ce vaisseau, l'effroi des hommes pieux : on me nomme le HOLLANDAIS-VO- LANT.

(Il arrive avec la rapidité de l'éclair abord de son navire, qui s'éloigne à l'instant même au milieu des cris de l'équipage. Tous demeurent immobiles et frappés d'effroi. Senta s'efforce d'échapper aux mains de Daland et d'Erik qui la retiennent.

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