SCENE II
LE HOLLANDAIS descend à terre. Il porte un vêtement noir.
Le terme est passé, il s'est encore écoulé sept années. La mer me jette à terre avec dégoût.., Ah! orgueilleux Océan!
Dans feu de jours il te faudra me porter encore! Ta résistance hautaine n'est pas inflexible, et pourtant éternel est mon supplice! Le salut que je cherche sur la terre, jamais je ne le trouverai! A vous, flots de la mer immense, je resterai fidèle, jusqu'à ce que votre dernière vague se brise, que votre dernière goutte tarisse. Que de fois je me suis jeté, rempli d'un douloureux désir, au gouffre le plus profond de la mer : mais la mort, hélas! je ne l'ai pas trouvée! Sur la tombe formidable des vaisseaux, parmi les écueils, là j'ai lancé mon vaisseau : mais, hélas! ma tombe ne se fermait pas. J'ai menacé, insulté le pirate, j'espérais trouver la mort dans la fureur du combat: « Ici, "lui criai-je, montre ton courage! navire et chaloupe sont chargés de trésors. » Mais, hélas! le fils barbare de la mer fait le signe de la croix et fuit effrayé! Nulle part une tombe! nulle part la mort! telle est m? terrible sentence de damnation. — Parle, ange béni de Dieu, qui m'as obtenu ma condition de salut : ai-je été un jouet misérable de ta moquerie, lorsque tu m'as annoncé la délivrance ? Espérance vaine ! redoutable illusion! D'étemelle fidélité sur terre, il n'en est plus! — Une espérance, une seule doit me rester, une seule subsister inébranlable: si longtemps que grandissent les germes de la terre, il faut pourtant qu'ils périssent à la fin... Jour du jugement, jour suprême ! Quand luiras -tu dans ma nuit ! quand retentirat— il , le coup destructeur sous lequel le monde doit s'abîmer avec fracas? Quand tous les morts ressusciteront, alors j'entrerai dans le néant... Achevez votre cours, ô mondes! Anéantissement éternel, reçois-moi!
CHŒUR sourd s'élevant du fond de la cale du Hollandais. Éternel anéantissement, reçois-nous !