‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 7 sur 163 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

de iclies trésors de toutes les contrées, de toutes les zones; si tu consens, tu n'y perdras pas, crois-moi.

DALAND

Paroles étranges î faut-il y ajouter foi? Une étoile fatale, à ce qu'il semble, t'a poursuivi jusqu'à cette heure. Pou. te servir, jet'offre ce qui est en mon pouvoir : pourtant, puis-je te demander ce que contient ton navire?

LE HOLLANDAIS fait un signe aux gens de son équipage; deux d'entre eux apportent un coffre à terre.

Tu vas voir les trésors les plus rares , des perles précieuses, les plus riches pierreries, (il ouvre h coffre.) Regarde, et assure-toi de ce que vaut le prix que je t'offre pour un toit hospitalier.

DALAND, qui examine avec étonnement ce que le coffie contient.

Comment! est-il possible? tant de trésors! Qui est assez riche pour offrir de payer tout cela ?

LE HOLLANDAIS

Le payer ? Je viens de te dire le prix : cela pour l'abri d'une seule nuit ! Mais ce que tu vois n'est que la moindre partie de ce que renferme la cale de mon vaisseau. A quoi bon ces trésors? Je n'ai pas de femme, pas d'enfant, et je ne retrouverai jamais mon pays ! Toute ma richesse, je te l'offre si tu me donnes une nouvelle patrie parmi les tiens.

DALAND

QuVîiends-je?

LE HOLLANDAIS

As-tu une fille ?

DALAND

Oui, certes, une aimable enfant.

LE HOLLANDAIS

Qu'elle soit ma femme !

DALAND, avec joie. — Il chante avec le Hollandais.

Quoi! ai~jc bien entendu? Ma fille, sa femme? Il exprime lui-même ma pensée!... Je crains presque, si j'hésite, qu'il ne chancelle dans son projet. Qu'on me dise si je veille . ou si c'est un songe ! Trouverais-je un gendre mieux au gré de mes désirs? Fol est celui qui néglige la fortune ! J'accepte avec ravissement.

LE HOLLANDAIS, chantant avec Daland.

Hélas ! je suis sans femme, sans enfants, rien ne m'attache à la terre! Le destin m'a poursuivi sans relâche, la douleur a été mon unique compagne. Jamais je n'atteindrai ma patrie. A quoi me sert d'amasser des richesses? Laisse- toi convaincre, consens à cette alliance, et prends tous mes trésors.

DALAND

Oui, étranger, j'ai une fille, belle, pleine de fidélité, de tendresse, de dévouement pour moi; elle est mon orgueil, le plus cher de mes biens, ma consolation dans l'infortune, ma joie dans le bonheur.

LE HOLLANDAIS

Qu'elle conserve toujours à son père cette tendresse filiale, qu'elle lui soit fidèle; elle sera aussi fidèle à son époux.

DALAND

Tu me donnes des joyaux, des parles inestimables; mais le joyau le plus précieux, c'est une femme fidèle.

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