SCENE II
(Eisa s'avance dans un vêtement blanc, très-simple; un long cortège de femmes, habillées aussi de blanc et avec simplicité, la suit. Les femmes s'arrêtent au fond sans entrer dans le cercle, tandis qu'Eisa marche à pas lents et d'un air plein de pudeur jusqu'au milieu de la scène.)
LES HOMMES
Regardez! Elle approche, celle contre qui se dresse l'affreuse accusation ! Que sa personne paraît innocente et pure ! Pour oser l'accuser d'un si grand crime, il faut, certes, être bien sûr qu'elle est coupable.
182 LOHENGRIN
LE ROI
Est-ce toi qui es Eisa deBiabant ?
(Eisa fait un signe d'affirmation.) Me reconnais -tu pour ton juge?
(Eisa regarde le roi en faee, puis répond par le même signe.)
Écoute maintenant ma question : Connais-tu la plainte redoutable portée contre toi?
(Eisa regarde Frédéric, frémit, tourne la tête timidement, et répond encore d'un air triste par un mouvement aflirmatif.)
Qu'opposes -tu à l'accusation?
(Eisa exprime par un geste qu'elle n'a rien à opposer.)
Ainsi, tu confesses ton crime?
ELSA, après un long silence, regardant vaguement à l'horizon» Mon pauvre frère !
TOUS LES HOMMES, chuchotant.
Quelles réponses étranges! conduite incompréhensible!
LE KOI.
Parle, Eisa ! qu'as-tu à me confier?
(Long silence.)
ELSA, regardant au loin comme dans une extase tranquille. Solitaire dans de sombres jours, j'invoquais Dieu, suppliante j