‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 75 sur 163 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

je répandais en prières les profondes amertumes de mon cœur. Alors de mes lamentations s'éleva un son plaintif, dont les puissants échos s'enflèrent au loin dans les airs ; je les entendis retentir et s'éloigner, ils arrivaient à peine à mon oreille. Mes yeux s'étaient fermés, je tombai dans un doux sommeil.

TOUS LES HOMMES, à demi-voix.

Paroles étranges ! Rêve-t-elle? est-elle en délire?

LE ROI

Défends -toi maintenant devant tes juges!

ELSA, toujours dans sa précédente attitude.

Dans l'éclat d'une armure étincelante, un chevalier approcha de moi. Jamais je n'en ai vu encore briller d'une aussi pure vertu. Une trompe d'or suspendue à ses reins, appuyé sur son épéc, je voyais du fond des airs venir le vaillant héros. D'un air respectueux il m'adressa une consolalion. C'est sur ce chevalier que je me repose \ il sera mon défenseur !

LE ROI et TOUS LES HOMMES.

Fasse la faveur du ciel que nous voyions sans nuage qui est coupable ici !

LE ROI

Frédéric, loyal guerrier, songes-tu bien qui tu accuses?

FRÉDÉRIC

Le délire de sa pensée ne m'aveugle pas ; vous l'entendez, sa

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