‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 78 sur 163 · LES NOBL' S DE BRABANT · texte numérisé non relu

LES NOBL' S DE BRABANT

Prêtez l'oreille !

ELSA

C'est sur ce chevalier que je me repose... il sera mon défenseur! Écoutez, voici quel gage j'offre à l'envoyé de Dieu. D.ins les terres de mon père qu'il porte la couronne; je m'estimerai heureuse, s'il veut recevoir mon bien; s'il veut m'appeler son épouse, je lui donne ce que je suis !

LES HOMMES

Une haute récomponse, fût-ce dans la main de Dieu î qui voudra la disputer, devra risquer aussi un précieux gage.

LE ROL

Voici déjà le soleil parvenu à son midi; il est temps à cette heure de proclamer l'appel.

(Le héraut d'armes s'avance avec les quatre trompettes; il les tourne vers les quatre côtés du ciel et les fait avancer jusqu'aux extrémités du cercle formé par le tribunal; dans cette position, ils sonnent l'appel.)

LE HÉRAUT D'ARMES

Si quelqu'un est venu ici pour soutenir en champ clos, au jugement de Dieu, Eisa de Brabant, qu'il s'avance !

(Long silence.) TOUS LES HOMMES.

L'appel s'éteint sans réponse ; je vois sa cause en péril.

FRÉDÉRIC, montrant Eisa qui commence à se troubler.

La voyez-vous ? Tai-je accusée faussement? le droit reste pour moi.

ELSA, approchant du roi.

Mon roi bien-aimé, accueille ma prière. Fais faire encore un appel à mon chevalier ! il est loin d'ici et ne l'a pas entendu !

LE ROI, au héraut d'armes.

Appelle encore une fois au jugement !

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