LES NOBL' S DE BRABANT
Prêtez l'oreille !
ELSA
C'est sur ce chevalier que je me repose... il sera mon défenseur! Écoutez, voici quel gage j'offre à l'envoyé de Dieu. D.ins les terres de mon père qu'il porte la couronne; je m'estimerai heureuse, s'il veut recevoir mon bien; s'il veut m'appeler son épouse, je lui donne ce que je suis !
LES HOMMES
Une haute récomponse, fût-ce dans la main de Dieu î qui voudra la disputer, devra risquer aussi un précieux gage.
LE ROL
Voici déjà le soleil parvenu à son midi; il est temps à cette heure de proclamer l'appel.
(Le héraut d'armes s'avance avec les quatre trompettes; il les tourne vers les quatre côtés du ciel et les fait avancer jusqu'aux extrémités du cercle formé par le tribunal; dans cette position, ils sonnent l'appel.)
LE HÉRAUT D'ARMES
Si quelqu'un est venu ici pour soutenir en champ clos, au jugement de Dieu, Eisa de Brabant, qu'il s'avance !
(Long silence.) TOUS LES HOMMES.
L'appel s'éteint sans réponse ; je vois sa cause en péril.
FRÉDÉRIC, montrant Eisa qui commence à se troubler.
La voyez-vous ? Tai-je accusée faussement? le droit reste pour moi.
ELSA, approchant du roi.
Mon roi bien-aimé, accueille ma prière. Fais faire encore un appel à mon chevalier ! il est loin d'ici et ne l'a pas entendu !
LE ROI, au héraut d'armes.
Appelle encore une fois au jugement !