‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 79 sur 163 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

(Les trompettes sonnent encore une fois comme précédemment; le héraut d'armes répète l'appel. — De nouveau un long silence plein d'attente.)

TOUS LES HOMMES

Ce silence sombre est l'arrêt de Dieu.

ELSA, tombant à genoux.

Tu lui as porté ma plainte, c'est sur ton ordre qu'il s'est montré à moi ; ô Seigneur, dis maintenant à mon chevalier qu'il me secoure dans ma détresse! Fais-le-moi voir, comme je l'ai vu; comme je l'ai vu, fais qu'il soit là!

(Ceux qui se trouvent le plus près du rivage, au-dessus d'une éminence, aperçoivent une nacelle dans le lointain sur le fleuve ; elle approche peu à peu, tirée par un cygne; un chevalier est debout dans la nacelle )

LES HOMMES

Quelques-uns d'abord, puis leur nombre s'accroît peu à peu parmi ceux qui se trouvent le plus près de la rive ou s'en approchent successivement.)

Voyez-vous ! voyez-vous ! l'étrange prodige ! c'est un cygne, un cygne qui tire une nacelle là-bas ! — Un chevalier est debout dans la nacelle ; — de quel éclat reluit son armure ! L'œil est ébloui de cette lumière ! Voyez-vous ! il approche ! Le cygne est attaché à une chaîne d'or !

(L'intérêt est devenu de plus en plus général; tous ont abandonné le devant de la scène et se sont précipités sur la rive. Le roi, qui con-

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temple l'apparition de la place élevée qu'il occupe; Frédéric, qui écoute avec étonnement; Ortrude, tournée vers le fond et agitée par une colère sombre, restent seuls sur le devant delà scène; de plus, Eisa, qui prête l'oreille aux cris du peuple avec l'attention la plus profonde et une expression de joie, semble sous l'empire d'un charme et paraît ne pas oser porter ses regards derrière elle.

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