ACTE I
TOUS LES HOMMES
Il le payera : l'homme libre, de sa main ; le serf, de sa tête.
LE HÉRAUT D'ARMES, à Lolumgrin et à Frédéric.
Écoutez aussi, vous qui combattez devant ce tribunal : Observez fidèlement les lois du combat ! Que nul charme imposteur, nulle ruse, nulle perfidie n'altère l'équité du jugement! Dieu vous jugera selon la justice et la loi, confiez- vous donc à lui, non à votre force.
LE ROI, qui s'est avancé solennellement au milieu de la scène.
Mon Seigneur et mon Dieu, je t'invoque maintenant: sois présent au combat ! prononce par la victoire du glaive un jugement qui dévoile à la lumière mensonge et vérité.
LE ROI, chantant avec Eisa, Lohengrin, Frédéric, Ortrude
et tous les hommes.
Au bras de l'homme pur donne la force du héros ! que la force de l'homme faux soit énervée ! Viens nous assister, ô Dieu, à cette heure, car notre sagesse n'est qu'ignorance !
ELSA et LOHSNGR1N, chantant avec le roi, Frédéric, Ortrude et tous les hommes.
Tu vas prononcer maintenant ton infaillible arrêt, mon Seigneur et mon Dieu , c'est pourquoi je suis sans crainte.
FRÉDÉRIC, chantant avec le roi, Eisa, Lohengrin, Ortrude et tous les hommes.
Je m'avance loyalement devant ton tribunal ; Seigneur Dieu, ne délaisse pas mon honneur !
19/[ LOHENGRIN
ORTRUDE, chantant avec le roi, Eisa, Lohengrin, Frédéric et tous les hommes.
J'ai une ferme confiance en sa force, qui, dans tout combat, lui assure la victoire.
TOUS LES HOMMES, chantant avec Eisa, Lohengrin, Frédéric
et Ortrude.
Au bras de l'homme pur donne la force du héros ! que la force de Thomme faux soit énervée! Prononce ainsi ton infaillible arrêt, Seigneur et Dieu, ne le fais pas attendre!
(Sur le signal du héraut d'armes, les trompettes sonnent un long appel au combat. Le roi tire son épée de terre, et s'en sert pour frapper trois coups sur son bouclier suspendu au chêne. Au premier coup, Lohengrin et Frédéric prennent leur position ; au second ils tirent les épées et se mettent en garde; au troisième le combat commence. Après plusieurs attaques violentes, Lohengrin porte à son adversaire un coup qui l'étend à- terre.)
LOHENGRIN, mettajit son épée sur la gorge de Frédéric.
Par la victoire de Dieu, ta vie est à moi maintenant: je te la donne! Puisse-tu la consacrer au repentir!
(Le roi conduit Eisa à Lohengrin; elle tombe avec enthousiasme sur son sein. A l'instant où Frédéric est tombé, les Saxons et les Thuringiens ont tiré leurs épées de terre, les Brabançons ont relevé les leurs. Tous les nobles et les hommes envahissent le cercle vide en éclatant d'allégresse ; une foule nombreuse remplit la scène.)