LES NOBLES DE BRABANT
(Quelques-uns d'abord, dont le nombre augmente par degrés, s'adressant à demi-voix à Frédéric.)
Refuse le combat ! si tu l'oses affronter, tu ne peux qu'être
192 LOHENGRIN
vaincu! S'il est protégé par une puissance supérieure, dis, à quoi te servira ta vaillante épée? Refuse! prête l'oreille à notre conseil fidèle ! la défaite, le repentir amer t'attendent!
FRÉDÉRIC, qui a jusqu'à ce moment attaché sur Lohcngrin un regard fixe et scrutateur, laisse voir un violent combat intérieur, dont Tincertitude cède enfin à la résolution.
Plutôt la mort que la lâcheté! Quel que soit l'enchantement qui t'a amené ici, étranger aux airs si hardis, tes orgueilleuses menaces ne m'atteindront pas, car jamais ma bouche n'a menii. C'est pourquoi j'accepte le combat avec toi, et, sur mon bon droit, j'espère la victoire.
LOHENGRIN
Maintenant, roi, ordonne le combat.
LE ROI
Que trois témoins avancent pour chaque combattant, et qu'ils mesurent, comme il convient, le champ de combat.
(Trois nobles Saxons se présentent pour Lohengrin, trois Brabançons pour Frédéric; ils mesurent d'un pas solennel le champ du combat, et en marquent la limite avec leurs lances.)
LE HÉRAUT D' ARMES, s'adressant du milieu de la scène à l'assemblée.
Écoutez maintenant, et prêtez attention : Nul ne doit ici troubler le combat! Demeurez en dehors de la limite, car si quelqu'un ne garde pas l'ordre prescrit, il le payera: l'homme libre, de sa main ; le serf, de sa tête.