‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 94 sur 163 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

bonheur; pour te dérober à des embûches fatales, laisse-moi lire pourvoi dans l'avenir.

ELSA

Quelles embûches ?

ORTRUDE

Si tu pouvais comprendre qu'elle étrange origine est celle de ton époux ! Puisse-t-il ne pas t'êtreravi un jour par le même enchanlement qui l'a amené vers toi !

ELSA

(Elle tressaille et recule tremblante devant Ortrude ; puis elle se retourne en hésitant et avec une tristesse pleine de compassion )

Infortunée, tu ne pourras jamais mesurer de quelle foi pro • fonde l'amour remplit mon cœur! Non, tu n'as jamais possédé le bonheur que la foi seule nous donne !

(Eisa, chantant avec Ortrude.)

Reviens près de moi! laisse-moi Rapprendre, quelles sont les douceurs du dévouement, de la fidélité! Laisse-moi te convertir à la foi : il est un bonheur qui ne connaît pas le repentir!

ORTRUDE, à part, chantant avec Eisa.

Ah ! cet orgueil, cet orgeuil m'apprendra comment combattre sa fidélité : je veux tourner les armes contre lui, je veux que son arrogance soit la source de son repentir!

(Eisa conduit Ortrude dans le Kemenate. Les servantes portent des flambeaux devant elles. Le jour a déjà commencé à poindre; Frédér.c s'avance du fond de la scène.)

210 LOHENGRIN

FRÉDÉRIC

Voici le malheur qui entre dans cette maison ! Consomme, femme, ce que ta ruse a conçu, je ne sens pas en moi la puissance d'arrêter ton œuvre ! Le malheur a commencé avec ma chute ; tombez, maintenant, après moi, vous qui m'avez précipité ! Je ne vois plus devant moi qu'une seule pensée pour conseillère : le ravisseur de mon honneur doit périr !

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