ACTE II
heur prosterné à mes pieds dans la poussière ! Oh ! jamais ! Ortrude! Attends-moi ! je vais moi-même t'introduire près de moi!
(Elle rentre rapidement dans laRemenate.)
ORTRUDE, s'élançant avec un enthousiasme sauvage des degrés du
munster.
Dieux profanés, prêtez secours maintenant à ma vengeance ! châtiez l'outrage qui vous a été fait ici ! fortifiez-moi dans le service de votre sainte cause; anéantissez l'aveugle illusion des apostats! Wodan! je t'invoque, Dieu fort! Freia, déesse auguste, entends ma voix! bénissez en moi le mensonge et l'hypocrisie, pour que ma vengeance soit heureuse !
(Eisa et deux servantes qui portent des flambeaux sortent par la porte inférieure de la Remenate.)
ELSA
Ortrude, où es-tu?
ORTRUDE, se jetant humblement à terre devant elle. Ici, à tes pieds !
ELSA, reculant épouvantée.
Pitié du ciel ! faut-il te voir en cet état, toi que je ne voyais que rayonnante d'orgueuil et de splendeur! Je sens mon cœur suffoquer de te voir près de moi abaissée à ce point. Lève-4oi ! épargne-moi tes prières! Si tu m'as poursuivie de ta haine, je te pardonne; ce que tu as déjà souffert à cause de moi, je t'en supplie, pardonne-le-moi à ton tour.
208 l.OIIENGRÏN
ORTRUDE
Puisse tant de bonté recevoir sa récompense !
ELSA
Je supplierai celui qui va s'appeler demain mon époux, je veux implorer aussi de son âme généreuse la grâce de Frédéric.
ORTRUDE
Tu m'enchaînes des liens de la reconnaissance !
ELSA
Viens près de moi dès le malin ! parée d'habits magnifiques, tu m'accompagneras au Munster; là j'attendrai mon héros pour être son épouse devant Dieu.
ORTRUDE
Gomment reconnaître cette faveur magnanime, pauvre femme exilée et impuissante que je suis ! Devrais-je demeurer en grâce près de toi, je ne resterai toujours qu'une mendiante. Je ne possède q l'un seul don, nul ordre souverain ne peut me le ravir; grâce à ce don, peut-être je protégerai ta vie, je te garantirai de la nécessité du repentir.
ELSA
Que veux- tu dire?
ORTRUDE
Je veux t' avertir de ne pas te confier trop aveuglement à ton