Quatremère de Quincy et son intervention dans les arts (1788-1830)
Quatremère de Quincy fut un « esprit supérieur, que la France n'apprécia pas assez de son vivant, que la jeunesse vers la fin insultait à plaisir, qui ne s'appliquait point en effet à plaire, et qui ne craignait point du tout de choquer ou même de braver son public et son temps : espèce de Royer- Collard dans sa sphère, ennemi aussi de la démocratie dans l'art, mais non point respecté comme l'autre, et qui semblait même jouir de son impopularité^ ».
Si juste que soit le jugement de Sainte-Beuve, qui d'ailleurs a renouvelé son plaidoyer, nous n'essaierons pas de réhabiliter Quatremère de Quincy. Il a servi de toute son influence une sorte de néoplatonisme étroit, qui propose comme modèle à l'œuvre d'art la beauté intelligible, comme moyens l'imitation des formes gréco-romaines et l'ensemble des règles codifiées par le classicisme académique; il a détesté tout ce que nous aimons, les Musées, les Salons, l'art du moyen âge, l'art septentrional, l'art du xvni'' siècle, le portrait, le genre, le paysage ingénu, la nature morte, les prestiges du coloris que le dessin n'emprisonne pas.
Il s'agit simplement de lui rendre dans l'histoire la place éminente à laquelle il a droit. S'il a eu la manie de l'impopularité, les romantiques l'ont trop flattée : ils l'ont criblé d'ironie, parfois couvert d'injures. A ses manifestes, à ses habiles manœuvres de résistance ou d'attaque, les artistes répondaient par des chefs-d'œuvre, ce qui est bien; mais les