‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 102 sur 396 · i834, t. VII, p · texte numérisé non relu

i834, t. VII, p

2. Lettre du 4 janvier i834 (Arch. Acad, B.-A.) : il se défend de s'être inspire d'aucun artiste ni d' « aucune chose créée » ; en voit qu'il avait sur le cœur le reproche, très justifié, d'emprunt direct. — L'Académie des Beaux-Arts en corps vint visiter l'œuvre fidèle à son esthétique : elle avait exclu Rude après le rr concours (Procès-verbaux, 4 janvier i834)-

3. Rapport (le Chabrol sur le budget de 182 y, p. 88 (Arch. Seine).

4. Cf. la lettre de Quatremère, en 1787, au Journal de Paris, à propos de la fontaine des Innocents; le Rapport de J. Lcbreton à l'Empereur en 1808, p. i3i.

En 1817 Chabrol, qui commence l'exécution de son plan, songe au marché des Jacobins, aujourd'hui marché Saint- Honoré, pour l'érection de deux fontaines. A la commission des Beaux-Arts, il apprend que depuis longtemps Quatremère s'est occupé d'un semblable projet : encore une des interventions de ce dernier sous l'Empire, qui nous est révélée par hasard au défaut des procès-verbaux disparus du Conseil général. (( Connaissant, lui écrit-il ', votre amour et votre goût éclairé pour les arts, la commission a pensé comme moi qu'il importait que vous voulussiez bien communiquer ce projet et diriger par vos conseils les artistes qui seraient chargés de l'exécution » ; Godde, architecte, est déjà désigné, mais le choix du sculpteur est laissé (( aux bons soins et à l'obligeance )) de Quatremère. Les fontaines devaient être décorées de ronde bosse ou de bas-reliefs \ sans doute pour effacer jusqu'au souvenir de la lourde et maussade rotonde de 181 2, que l'année 1909 a vu démolir. Le projet ne fut pas exécuté.

En 1790, il s'était occupé des embellissements à donner à la place de la Bastille ; bien qu'il n'ait pas alors précisé ses vues, on peut être assuré qu'il ne fut pour rien, sous l'Empire\ dans la conception du colossal éléphant-fontaine, née dans l'imagination égyptomane ou réaliste de Denon ou de l'Empereur, jetée en esquisse par Cellerier en 1808 et réalisée en modèle par Bridan en 181 2. La preuve, c'est qu'en 1817 Alavoine et Bridan ayant apporté un projet nouveau ', le rapport qu'il rédige au nom de la commission académique^ commence parles louer d'avoir laissé de côté le monstrueux colosse, peu (( agréable aux yeux », peu « favorable au développement de

1. Lettre du 17 juin 1817 (collection II. Jouin). — Le projet déjà ancien de Quatremère était probablement le même que celui de Fontaine dans ses Monuments de Paris envoyés à l'Empereur de Russie.

2. Programme et arrêté du préfet, 18 juin 1817 (collection H. Jouin).

3. Voir le copieux dossier de la Font, de la Bastille, de 1808 à i83o, aux Arch. Nat., F^-» 579, dossier III.

4. Id., 2" liasse, n" 8876. Au début de 1817 l'éléphant n'était pas encore discuté, les travaux continuaient (^Moniteur, 26 avril et 1 4 juin).

5. Rapport du 8 novembre 1817 et Procès-verbaux du 24 décembre 181 7 (Arch. Acad. B.-A.).

l'art)). L'Académie n'aime pas plus l'éléphant en 1817 qu'elle n'a aimé au xvii'' siècle les chameaux d'Eliezer dans le tableau du Poussin; malgré les médailles M' Antonin, de Commode et deSeptime Sévère, malgré celles des Malatesta, que dessinait avec amour le naturaliste Ingres, malgré le Songe de Poliphile et la fontaine du Rernin sur la place de la Minerve, reprise dans le projet de Sobre sous la Révolution, malgré luimême enfm qui, dans un bref accès d'archéologie grécoasiatique, présenta en 1808 à la classe d'Histoire de l'Institut des esquisses d'éléphants pour la frise du triomphe d'Alexandre qui devait orner son dessin du char funéraire, l'exotisme n'est pas né encore. Fontaine \ Moisy et Am. Duval\ presque tout l'Institut, réprouvent aussi le pachyderme peu classique.

Après cet adieu à l'éléphant, le rapport de Quatremère loue d ailleurs dans le nouveau projet la fontaine, mais rejette le parti d'enfermer ou plutôt d'emprisonner un groupe sculpté. Ville de Paris et Fleuves, dans une colonnade circulaire : il faut laisser le prééminence, selon le principe qui paraît dominer alors à FAcadémie, ou a l'architecture, ou à la sculpture, et plutôt à celle-ci, comme à la fontaine de Grenelle qui leur est à tous un exemple familier. D'après ce rapport, Alavoine et Bridan dressent un nouveau projet \ Mais en 1826 et 1827 Quatremère entre en scène de façon décisive: la Ville de Paris vient de recevoir du gouvernement la cession de la fontaine'. Quatremère, conseiller général tout désigné par ses études d'art pour s'occuper de la beauté de Paris, arrête définitivement avec Alavoine le projet à exécuter, que le Conseil approuve. (( Vous ne pouviez refuser vos suffrages, dit

1. Cf. les curieuses propositions faites à la commission des médailles (^Procèsverbaux, 10 décembre i8i3) pour le type de la médaille commémorative de la Fontaine de la Bastille : Mongez veut la reproduire telle quelle, Visconti admet l'éléphant par imitation des médailles antiques, lesquelles ne le gravent que « par allusion aux jeux de l'amphithéâtre », Quatremère s'abstient.

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