Cf. le Moniteur, 29 août
une (( devanture d'autel » pour l'église Sainte-Elisabeth' ; on médite, en 1882, de confier à Ingres la décoration de Notre- Dame-de-Lorette en peintures sur lave émaillée ^ ; quatre médaillons polychromes de Duban, de même travail, vont orner la cour de l'Ecole des Beaux-Arts ; HittorlT et Jollivet préparent pour le porche de Saint- Vincent-de-Paul de grands émaux. Quatremére, malgré sa méfiance du pittoresque en architecture, ne pouvait qu'applaudir, tout comme Al. Lenoir, à cet italianisme, à ce retour à la Renaissance. Il savait et disait du reste que le vœu de son ami Gicognara serait par là exaucé \
IV. — Ce n'est pas l'Italie du xvi*' siècle, mais la Grèce, qui l'a conquis à la sculpture polychrome. Nous saurons comment il a révélé au monde savant cette partie de l'art antique"^. Mais l'archéologie, de 1800 à i83o,ne se désintéresse jamais du point de vue esthétique ni de l'art moderne : sur le fait de la sculpture polychrome il a adopté, sollicité pour l'art de son temps, de notre temps, la belle audace de Phidias au Parthénon et à Olympie. Mais son attitude n'est pas également franche devant la polychromie naturelle des matériaux et devant la polychromie superficielle du coloris. Le préjugé contemporain à l'égard de celle-ci pèse encore sur lui.
Le (( Jupiter Olympien » est un vigoureux appel à la première. G'est pour en faciliter, en solliciter la pratique chez nos artistes qu'il restitue par le crayon et le pinceau, en 1809 et 181 5, les magniques colosses chryséléphantins, la Junon d'Argos^ par exemple, avec ses chairs d'ivoire, sa robe d'or jaune, son himation d'or bruni incrusté de feuillages verts, d'oiseaux bleus et de fleurs rouges, sa ceinture pourpre, son collier d'or à gemmes multicolores, son trône à fond bleu inscrusté d'or. Pour les artistes encore il donne les propor-