Arch. Acad. Inscr., i
LES ARTS POLYCHROMES l l\^
médailles. Le module devient parfois démesuré : la médaille de l'avènement de Louis-Philippe (Depaulis) et celle de la famille royale (Barre) ont 8i millimètres ^ Sur cet espace énorme, ce n'est plus une effigie qui se loge, mais deux, trois ou quatre, ou davantage : médailles divisionnaires, ovales ou carrées, qui s'inscrivent dans la grande comme en un médaillier. Le relief suit le module, devient très proéminent, surchargé ; les médailles de la Charte, de l'agrandissement du Luxembourg (Bovy) et du Ministère des Affaires étrangères sont de hauts reliefs, encombrés de guirlandes, volutes, cartouches et génies. D'autres essaient d'enclore Findélini de l'espace en rivalisant, par des dégradations de modelé et par la perspective linéaire, avec toutes les ressources du pittoresque : le type troue la médaille ; telle celle de Saint- Jean d'Ulloa (Depaulis, i838^); c'est le panorama qui entre dans la numismatique ! Le réalisme se glisse à la faveur de l'invasion du choléra^ : dans la médaille de Rogat ([882) apparaît le squelette, auquel Quatremère a voulufermer le domaine de l'art. A la veille de sa retraite, en 1887, le mouvement emportait ses théories et sa résistance.
En définitive nul n'est plus intervenu dans l'évolution de la médaille de 1806 à i83o. Mais évoluer, pour lui, c'est retourner aux exemples antiques. Très ferme sur les principes dont la numismatique grecque et romaine lui semble s'inspirer, il rompt avec le goût pittoresque du xvin^ siècle, qui va jusqu'à traduire l'impalpable ; résiste à un certain entraînement de l'Empire vers le réalisme, essaie surtout de retarder pour la médaille l'échéance romantique. Dès i83o les graveurs courent, au salon, aux médaillons d'Ant. Moine, petits bas-reliefs ronds « tout parfumés du moyen âge ». puis, au musée Colbert, vers les « médailles » de David