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LES PREMIÈRES CAMPAGNES (179I-1816) l55
Renou, ici encore, sent cette intervention si décisive qu'il le prend violemment à parti. « Cet homme aux grandes idées prétend que l'exposition publique soit ouverte à tout le Peuple- Artiste pour y suspendre leurs productions. Au fait, dit-il, un peintre d'enseignes est peintre tout comme un autre. Mais il a oublié, car il a de grandes distractions, que pour faire un mariage il faut que deux parties y consentent. Les habiles gens refuseront d'exposer à côté des peintres d'enseignes'. » Le pauvre Renou a beau faire; la Constituante cède à la logique pressante des Considérations, qui appuient les requêtes des artistes : le 21 août 1791 Barère, à la tribune, propose de décréter la liberté de l'envoi à l'exposition, dans un discours qui est l'écho des idées, même des formules de Quatremère : « le Salon du Louvre c'est la Presse pour les tableaux^ ».
Le décret est voté par la Gonstituante^ et l'arrêté du Département qui le confirme marque à Quatremère, dans lorganisation du Salon de 1791, la place que son initiative lui a méritée : il le nomme à côté de David parmi les six commissaires adjoints àTalleyrand-Périgord, chargé delà direction générale'. Renou sait donc bien d'où vient l'attaque : (( le sallon tel qu'il est, 011 l'on admet toutes les drogues de l'art, est un projet (( souflé par MM. Quatremer et David», qui ont (( trompé » la Constituante et (( intrigué dans les Comités ' ». C'est à lui, au moins autant qu'à David, qu'est due l institution du salon public, qui est pour l'artiste inconnu ou pauvre ce que l'impression gratuite est au manuscrit ; à
1. Réfutation de la 2^ suite aux Considérât..., par M. Quatremère de Quincy, Paris, 20 juin 1791, p. 5.