‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 149 sur 396 · Seconde suite, p · texte numérisé non relu

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/(. Considérations, p. 99, ii3-Ji/i; Première suite, p. 37; Deuxième suite, p. (il.

5. Arch. Nat., F^^ io65/25, reproduite trois fois par M. H. Lapauze (en particulier Prochs-verbaux de la commune générale des Arts, Paris, iqoS, p. xxiii). Elle est du 7 novembre 1791.

l54 LES INSTITUTIONS

proteste âprement: «M. Quatremère a fait un plan qui, si on l'adoptait, ferait fuir les plus grands artistes parce qu'il les transforme en maîtres à gages..., en salariés!» L'avenir n'a adopté ni l'élection par un jury à demi-étranger à l'Académie, ni la restriction de celle-ci au rôle exclusif d'Ecole des Beaux-Arts '. En revanche, ses vœux sur la limitation du nombre des Académiciens et sur l'abolition du morceau de réception sont passés dans les faits accomplis.

Plus odieuse à ses yeux est l'inégalité résultant des deux privilèges de fait attachés à l'Académie : le droit exclusif d'exposer au Louvre, et de prétendre aux récompenses et encouragements jusqu'ici payés par le Roi. Pour le libre accès du salon à tous les artistes, ce sont les « académiciens apostats )), avec David en tête, les agréés opprimés par les officiers ou dignitaires, et la foule des artistes sans titre, qui ont d'abord lancé la requête ^. Mais Quatremère, personnage très notoire à l'Assemblée de la Gomuiune, au directoire du département, dans les milieux d'artistes, aide puissamment à leur succès par ses trois opuscules, qui veulent « éclairer la détermination » de la Constituante.

Sa plaidoirie est habile et forte. La liberté d'exposition publique pour tous dans un même lieu (le Louvre) sera « dans la République des Arts ce qu'est la liberté de la presse dans un Etat )). C'est un droit naturel, le premier article des Droits de l'artiste. Le Louvre à tous, c'est le (( théâtre, oii la demicritique fera justice des demi-talents qui végètent à l'ombre de la protection académique^ ». Il y voit le plus sûr moyen de balayer l'art d'école. Et dès lors que le Salon sera public, il faudra bien qu'il soit annuel, pour recueillir à chaque saison les œuvres que va faire pousser la Liberté \

1. Mérimée père s'obstinait à regarder l'école des Beaux-Arts, dont il était secret, perpét., comme 1' « ancienne Académie réduite à sa portion enseignante » (iVrch. Ec. B.- A., lettre au ministre de l'Intérieur, 2 juillet 1810). — Ce fut une vérité entre le 3 août 1798 et la fondation de l'Institut en 1795.

2. Pour la dernière en date, cf. les Noiiv. Archives de l'Art français, t. VII, p. 125.

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