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LES PREMIÈRES CAMPAGNES (l^Ql-lSlG) I 69
se multiplie, le relief du sol, la lumière, les ruines, la végétation et les héros de la fable. L'art de Poussin est italien. Le peintre d'histoire ne trouve qu'à Rome la science archéologique dont il a besoin '.
Du reste, les galeries de Rome offrent tous les modèles. Les écoles italiennes sont d'elles-mêmes venues se fondre à Rome. Elle les résume, et elle se résume en Raphaël. Depuis la dispersion de son Ecole à la mort de J. Romain, Ouatremère ne voit en Europe que « léthargie universelle de 1 esprit et du goût )). Ce sera la mort, la mort sans résurrection, si vous ajoutez encore à l'éparpillement actuel de ses chefsd'œuvre. Quatremère propose au contraire de restituer les Raphaël de tous les cabinets d'Europe, et de les réunir au lieu oii leur beauté se dégage le mieux pour l'instruction de tous^. Il faut ainsi restituer à 1 Ralie et rassembler les œuvres de chaque grand artiste en la cité qu'il a surtout consacrée. Encore une idée originale et qui fera fortune. (( S'enrichir en ce genre, c'est rendre, et non prendre. »
Enfin, par la force même des choses, le Muséum de Rome est indissociable. Placé- là par ordre de la nature, il est adhérent au sol, (( et le pays fait lui-même partie du Musée ». Une (( harmonie métaphysique » a lié pour jamais en des rapports que le sentiment saisit, les œuvres, le ciel qui les éclaire et le pays qui leur sert de fond ^ Concluons que « la décomposition du Muséum de Rome serait la mort de toutes les connaissances dont son unité est le principe. »
Ainsi Quatremère cherche à perpétuer la tradition créée