Louis David, son école et son temps, i855, p
2. Voir encore, après le rapport de Quatremère au conseil général, le vœu de restitution d'Ethnicus (Décade, an IX, t. 27, p. /424-42 7)etDeseine (Opinion sur les musées, floréal an XI, p. 2/4/1).
3. « Il lui cita les lettres que j'avais publiées... )) (Canova, p. 122, 19/i, 198).
4. Vita di Canova, Prato, 182/i, p- 243. « Je lui dis, écrit Canova, que le peuple romain avait un droit sacré sur tous les monuments qu'on découvrait dans son territoire, car c'était comme un produit inhérent au sol ; de sorte que ni les familles indigènes, ni le Pape même, ne pouvaient les envoyer hors de Rome, à laquelle ils appartenaient comme héritage de leurs ancêtres. »
5. Annales de la Littéral, et des Arts, t. XXIII et XXIV (voir aussi, sur leur absolue authenticité, Revue universelle, t. XVIII, p. 247).
LES PREMIÈRES CAMPAGNES (T79I-1816) l']b
Napoléon, avec lequel il entretient des intelligences, pour en presser la rédaction \ Le décret est obtenu : il octroie à l'Académie de Saint-Luc, à Rome, 760000 francs pour l'entretien des monuments antiques, 200000 pour les fouilles, et accorde d'autres subsides à l'Académie de Florence pour la conservation des œuvres d'art. Que nous voilà loin des déplacements ! Entre temps, en plein empire, d'autres amis de Quatremère, le « Publiciste^ » à propos des œuvres de Canova, Fabre dans la « Décade^»..., reprennent encore la thèse des Lettres déjà anciennes.
Malheureusement nos deux protagonistes n'en sont pas restés là, et cette fois ce sont les faits, non l'opinion, qui les ont suivis. Dans les Lettres, Quatremère avait à la fois prévu et exprimé l'espoir que les déplacements de 179^) (( retomberaient sur nous » ; il avait même formellement souhaité une restitution plus ou moins prochaine'. Il eut la joie d'y aider. En septembre 18 15 Canova arrive à Paris, armé des Lettres de 1796, qu'il a fait réimprimer à Rome en y joignant la pétition des cinquante artistes, et d'une ((rimostranza » de l'Académie de Saint-Luc « aile alte Potenze alleate », qui n'est qu'un résumé des (( lettres ». H fait parvenir un exemplaire à chacun des souverains alliés. Alors, dit Quatremère, il n'y eut « plus aucune dissidence d'opinion » , l'édition restreinte est vite « épuisée » ^ on cloue les caisses de chefsd'œuvre. Dans sa nouvelle édition de i836 il revient avec complaisance sur cet effet de son pamphlet. Après vingt et un ans il s'étonne encore à la pensée des résistances de Denon ' et de la haine dont Canova fut l'objet. « Aucune
1. Lettre de Mcnneval à CanoAa, 7 nov. iSio (Canova, p. 202).
2. l'j pluviôse an XII : « le climat de Rome et les antiques de son sol favorisent l'éclosion du génie, etc. ».
3. T. XLII, 1807, p. io3 ; et t. XXXIX, l8o^, p. 34l\. i''e lettre, p. 180, et O'', p. 2/^0, 2^2 sq.
5. IMissirini, Meniorie per seroire alla sloria délia Accadcniia romana di S. Luca, Roma, 1823, p. 38i.
G. Canova, p. 280.
7. « Los mémos hommes qui avaient applaudi aux spoliations de puissances belligérantes prétendaient refuser au plus fort le droit de reprendre ce qui lui avait été pris lorsqu'il était le plus faible » (Canova, id.).
mission par son succès ne fut plus honorable » pour son ami, et pour lui-même, qui le vit (( tous les jours^ ».
Car il est partout. Vellington doit le comprendre, lui surtout, parmi « tous les artistes et tous les connaisseurs qui ont écrit sur ce sujet, (et) s'accordent à demander qu'ils (les objets) soient reportés aux lieux où ils étaient originairement placés^)). Quatremère fait le jeu, non seulement de Canova, mais de son lieutenant le chevalier d'Esté, dont il faisait vendre à Paris, dès 1806 les bustes que celui-ci sculptait d'après son maître ; de W. Hamilton, commissaire pour l'Angleterre, antiquaire avec lequel il était lié à Rome, et qui va lui placer là-bas à son retour des exemplaires du Jupiter Olympien ; de Jacobi enfin, commissaire pour la Bavière, qu'il a connu en Allemagne durant sa proscription. Il avoue avoir mis en mouvement tous ses amis^
En un cas il intervient même ouvertement. Canova lui écrit de s'entremettre pour l'aider à racheter sa statue de Napoléon, que la Restauration a frappée de disgrâce : il voudrait la céder ensuite à l'Angleterre. Lavallée, qui l'apprend, s'empresse d'aviser Denon ' : ils essayent d'obtenir par Quatremère l'échange du Napoléon, qui a été payé 60 000 francs, contre le Nil, qui est évalué 70 000. Aurait-il donc été pour quelque chose dans la cession du Tibre, de la Minerve de Vellétri, de la Cène de Véronèse '^ Nous avons vainement cherché. Toujours est-il qu'il trouve Canova modéré dans ses exigences et qu'il se félicite d'avoir pris (( quelque part » à la restitution des médailles pontificales, avec le regret de n'avoir pu assez eflicacement aider Marini et Canova à les discerner dans l'énorme médaillier du Roi où elles étaient confondues ^