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Moniteur (8 août), critiqués par Soufflot*, et l'amitié de Pastoret, procureur syndic de département ^ le font nommer le 10 juillet administrateur des travaux, Rondelet restant l'inspecteur de la construction et Soulïlot l'inspecteur des ornements ^
Il dirige les travaux de juillet 1791 à germinal an II, et en rend compte au Directoire en trois rapports qui sont autant d'auto-apologies. Nous dirons ailleurs ce que fut sa direction artistique et sa haute portée. Mais l'art n'est pas son unique souci . Après Angiviller et la municipalité de Paris , premiers administrateurs, le voici qui s'occupe de l'énorme comptabilité des travaux, de l'enrôlement des artistes et ouvriers, de la discipline des chantiers, de la propreté et de la garde du monument. Débats devant le juge de paix pour ouvriers congédiés par économie sans avoir été prévenus, syndicats de mécontents qui cherchent à introduire dans les ateliers « l'esprit de propriété », demandes d'indemnités pour accidents du travail, lettres de recommandations politiques..., son activité inlassable, toujours méthodique, fait face à tout. Roi sur les chantiers et ateliers, il n'admet ni ne comprend ici aucune sorte de liberté, ni même de discussion'^.
Electeur de la section du Temple à l'Assemblée électorale, dont il est secrétaire adjoint puis scrutateur général, il avaitété élu le 21 septembre, par 366 voix, député du département de Paris. Son discours de remerciement et les curieuses félicitations de Pastoret montrent qu'il s'est cru et a été
1. Notes de M. Soufflot... sur le rapport fait... par M. Quatremere Qiiincy, s. cl. — Il s'agit de Soufflot le Romain, non du constructeur du Panthéon comme l'a cru Wallon.
2. J. Lebreton, Rapport à l'Empereur sur l'état des Beaux-Arts, 1808, p. i33.
3. Papiers de Quatr. à la Biblioth. Institut., Mss. NS, t. XLl, dossier IV/42.
4. Arch. Nat., F*^ 325* et 333*. La plupart des pièces sont signalées et brièvement analysées dans le Répertoire de M. Tuetey, t. VI. — A remarquer l'hostilité entre l'administrateur despotique et les ouvriers, auxquels le juge de paix donne raison (F*'^ 333*), et les lettres de recommandation de quantité de députés, et de Lacépèdc, de Panckoucke, de Rœderer, de Pétion, surtout de Ghaumette avec l'amicale réponse de Quatremere (F^3 333^^, liasse 7/480).
élu pour défendre à l'Assemblée les intérêts de l'Art et des artistes ^ C'est en effet la plus vive de ses préoccupations au Comité d'Instruction publique de la Législative, où il entre le 28 octobre \ Hostile aux privilèges de l'Académie royale de peinture et sculpture, il y expose la nécessité d'un Salon ouvert à tous les artistes et d'un jury mixte pour les récompenses. Ses brochures viennent en aide à sa campagne parlementaire. Membre de la section des Bibliothèques et Monuments, il a dans ses attributions la correspondance avec le Directoire du département de Paris, avec la Seine-Inférieure et le Gard. C'est lui qui élabore et rapporte le projet de décret qui règle le différend entre les entrepreneurs de spectacle et les auteurs dramatiques, lesquels demandent à être légalement protégés dans leur droit de faire imprimer et représenter leurs pièces ^ Il est chargé de visiter avec ses collègues le Dépôt des Petits Augustins, d'étudier le projet de monument à J.-J. Rousseau, entre dans la nouvelle section du comité chargée des dépenses des établissements d'instruction, s'oppose à l'établissement des lycées, destinés selon lui à végéter, sauf à Paris et en deux ou trois grandes villes', et s'occupe du choix d'un local pour l'Assemblée. .. Pour tout ce qui concerne l'Instruction publique et les Arts, qui en sont alors un organe essentiel, il est avec Condorcet, Debry et Romme, une des lumières du Comité.
Les projets de décret qu'il lui présentait, il était naturellement chargé de les défendre devant la Législative. Ne parlons que de ses interventions politiques. 11 siège à la droite. (( Il n'y eut guère que Vaublanc et Quatremère qui, ayant
1. Et. Gharavay, Assemblée électorale de Paris, t. II, p. 3o, 98, ii3, 260. — La même année, le 2 juillet, il est proposé avec d'autres comme gouverneur de l'héritier présomptif du trône (Proc.-vcrb. de la Constlluante, p. 5i), et est volontaire de la 2^ compagnie du bataillon des Pères de Nazareth (Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, 1899, t. I, p. -yi),
2. Guillaume, Proces-verbaux du Comité d'Instr. publiq. de la Législative, Paris, 1899, et Tuetey, Répert. des sources mss. de Paris, t. VI.
3. Il propose que la jouissance, pour les directeurs, des pièces représentées par eux n'excède pas 5 ans (Proc.-vcrb. du comité, p. 76, 83).
t\. Contre Condorcet et Pastoret (Proc.-verb., séance du i3 février 1792). Il s'agit d'un enseignement supérieur.
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reçu des pouvoirs de leurs commettants pour le maintien de la Charte royale, eurent le courage de remplir leurs mandats ^ . » Avec de l'esprit quand il le faut, une prolixité d'argumentateur qui remonte toujours aux grands principes, il tient tête courageusement aux colères des partis avancés. Commissaireinspecteur de la salle, il reproche à la Législative de ressembler à une (( arène de gladiateurs » et lui vante en exemple la Chambre anglaise des Communes. Il est secrétaire de l'Assemblée, membre du Comité du secrétariat et de l'imprimerie ^.
Ses interventions ont souvent pour objet de renvoyer aux comités, pour une étude patiente, les questions que l'Assemblée, pressée ou passionnée, veut expédier ^ Méthodique, il est l'auteur de la répartition des quatre-vingt-trois départements entre huit bureaux pour la vérification des pouvoirs, et fait décider que les séances du dimanche seront consacrées à la lecture des adresses et pétitions. Circonspect, il fait décider qu'à celles-ci l'Assemblée ne décernera plus de mentions honorables, primes données à toutes les entreprises
inconstitutionnelles
Le i*"^ février 1792, sa défense du ministre de la marine Bertrand de MoUeville est un réquisitoire véhément contre le système organisé des dénonciations, contre la complaisance de l'Assemblée à les accueillir, contre les tribunes qui se permettent à tout instant de manifester. La gauche murmure. Le 12 mai 1792, malgré l'opposition du parti républicain, il fait décréter la Fête de la Loi en l'honneur de Simonneau, le maire d'Etampes assassiné par des factieux; défend la même année le juge de paix Larivière, décrété d'accusation pour avoir décerné un mandat d'arrêt contre
I, Prudhomme, Hisloke des Crimes commis pendant la Révolution, t. IV, p. ii3.
3. Archives Parlementaires, i^^ série, t. 5i : Table alphabétique et analytique de la Législative ; renvoie pour le détail des séances et des interventions aux t. 34-37; la nomenclature est considérable.
3. Tels la suppression du tribunal de l'Université de Paris (a^ février 1792) et le serment civique à exiger des partis (16 mai 1792).
4. Arch. Parlem., 1791 : i'^'' octobre, 4 novembre, 12 décembre... sq.
trois représentants du peuple, et s'élève contre les excès des mesures de police prises à Paris au sujet de prétendus complots, qui ne sont que prétextes à inquisition. Une de ses interventions les plus énergiques est sa défense (2 juillet 1 792) de Duport, ex-ministre de la marine, dénoncé. « Jadis on était plus qu'un homme pour être ministre, il suffirait aujourd'hui d'être ministre pour devenir moins qu'un homme. » Elevant le débat comme toujours, il dénonce à son tour ce sport nouveau de la délation. L'Assemblée, entraînée, éclate en applaudissements, et décrète à la presque unanimité l'impression du discours. Il combat le 2 juillet la permanence des sections * . Insulté et frappé le 8 août à l'issue de la séance, avec les députés constitutionnels, par les fédérés et les maratistes, il dénonce le lendemain au président les outrages qu'il a subis : réfugié et cerné dans le corps de garde par une foule égarée, il a eu grand'peine à s'échapper par la fenêtre^.
Suspect dès ce moment, il se retire de la vie publique à la fin de la Législative. Depuis 1791 il faisait partie du Club de la Sainte-Chapelle, tenu après le lo août pour eff'rontément royaliste^. La société des Jacobins approuve la Société des Arts de l'avoir expulsé \ Décrété d'arrestation le 9 septembre 1793 à la suite d'une dénonciation déjà ancienne de Héron rédigée par Marat, qui s'était vengé, il excipe d'une décision de la Convention propice aux fonctionnaires déclarés suspects : administrateur du Panthéon, il demande à être (( mis en surveillance » à ses frais. Traqué en eff*et, il fuit à
1. Id., t. XXXVIII, p. 88, t. XLIII, p. 610, t. XLIV, p. ^78, t. XLVII, p. 175. — Autres interventions à propos des frais des funérailles de Mirabeau, du décret d'accusation contre Royou, rédacteur de l' A Ant du Roi, et contre Marat, rédacteur de l'Ami du Peuple. Le 21 juin il appuie la motion de dénoncer Couthon et la gauche comme îes instigateurs des attentats commis la veille au château royal, et demande qu'on aille chercher aux Archives l'original de la Constitution pour que chaque député vienne voter, la main sur cet Évangile ; s'oppose au licenciement de l'état-major de la garde nationale, et proteste contre les faux bruits volontairement propagés de dangers courus par la Patrie...
2. Séance du 9 août 1792 (cf. sa lettre, Arch. N., F^ 4774/70).
3. Aug. Challamel, Les clubs contre-révolutionnaires, Paris, iSgô.
4. Aulard, La Société des Jacobins, t. III, séances du 25 et 27 mai 1792.
Gernay près de Montmorency. Danton seul à la Convention connaissait sa retraite et garda le secret. Découvert cependant, un arrêté du comité de la Sûreté générale du 2 mars 1794, signé entre autres par son ami David \ l'envoie aux Madelonnettes, où il modèle avec la terre du préau une Liberté, un joueur de palet, l'Amour et l'Hymen. 11 s'attache à cette dernière œuvre jusqu à refuser de sortir après le 9 thermidor pour l'achever^ Une pétition de cinquante-deux artistes avait pourtant essayé de hâter sa délivrance.
Libre, il devient un des chefs de l'insurrection des sections contre la Convention. Président de la section Fontaine de Grenelle, il y prononce le 2 vendémiaire an IV un violent discours ^ contre 1 anarchie qui gouverne, est un de ceux qui cherchent à faire marcher le camp sur Paris, et fait armer les citoyens qui se présentent à la section ''^. Durant la journée du i3 vendémiaire il marche à la tête de celle-ci, quai Voltaire, pendant la fusillade de Saint-Roch. Cité le 23 devant le conseil militaire établi au Théâtre français pour avoir (( provoqué à la révolte armée », il est (( condamné et exécuté par contumace », et ses biens confisqués. Le jugement est (( attaché par l'exécuteur à un poteau exprès dressé au milieu de la place de Grève ^ » .
Mais il avait eu le temps de fuir, d'abord dans sa propre maison, sous les scellés, puis aux Madelonnettes sous la protection de son ancien geôlier Vaubertrand ^ C'est delà sans doute qu'il écrivit au général Miranda ses (( Lettres sur... le déplacement des monuments de l'art de l'Italie... ». Publiées dans le (( Rédacteur», très violentes contre le « Verres mo-