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LES PREMIERES CAMPAGNES (179I-1816) 1 qS
encore parmi les débris abandonnés. En attendant, contre le Musée déjà condamné, ou plutôt contre son enseignement, il lance ses arlicles du Journal des Savants^ sur la Storia délia scultura de son ami Gicognara : il n'y a pas d'art national au moyen âge; l'arl français ne compte qu'à partir de la Renaissance, et alors il n'est qu'un rayon d'Italie. Emeric David a beau protester, de toute son âme^ et avec tous les arguments que lui ont offerts les salles gothiques du Musée : voilà consacrée, au nom de l'Institut, dans le journal de l'Institut, par un double académicien, la dislocation de notre première collection archéologique \ Il ne se borne pas à la justifier : il y aide. Le 26 février 1818 il est de la délégation de l'Académie des Inscriptions chargée de la restitution à Saint-Germain-des-Prés des restes de Mabillon et de Montfaucon\ En 181 9, la création du Musée des Antiquités parisiennes, qu'il finit par obtenir dans la grande salle des Thermes de Julien, doit à ses yeux hériter des antiques galloromains du Musée de Lenoir. Gette année-là, la dispersion était déjà très avancée. Avec Gourajod nous la jugeons déplorable : Quatremère l'a jugée deux fois sacrée, par principe religieux et monarchique, et par foi passionnée dans la destination publique delà sculpture, même quand ses œuvres sont menacées de ruine. De Lenoir qui arrache aux vieilles œuvres leur vie morale pour les conserver dans son dépôt (( mortuaire », et de Quatremère qui veut la leur laisser au risque de les voir mourir sur place lentement, il y aura toujours lieu de se demander lequel les a, non le plus, mais le mieux aimées.
Les contemporains se le sont demandé. Les Considérations
1. Journal des Savants, 1816, p. 35, 112, 217; 1817, p. 196; i8i8,p. 678; 1819, p. 297, /jo3.