mars 1816, sous le titre : // nigro (Lenoir
4. T. III, 1821, p. 4/19 et suiv. Son association passagère avec les romantiques n'a rien qui surprenne : il s'agit de défendre, en art, les droits du sentiment, les raisons du cœur.
5. Il n'est que statuaire du prince de Condé, ne parvient ni à relever, en 1816, l'ancienne Académie de Peinture et Sculpture, ni à entrer dans la Nouvelle Académie des Beaux-Arts; il fulmine à cette époque contre Quatremère.
LES PREMIÈRES CAMPAGNES (lyQI-lSlÔ) 1 96
action, il est propice aux galeries de moulages, est un familier de celles de Giraud et de Dufourny, qui sont ses amis, pousse le premier à poursuivre ses moulages des bas-reliefs du Partliénon, est le confident du second pour le don des siens à l'Ecole des Beaux-Arts, demande pour celle-ci les moulages de l'œuvre de Michel-Ange, etc.. Quel efficace moyen d'éviter le déplacement des originaux ! Pour ces derniers, le vrai Musée c'est leur pays, leur cité. Quatremere admet, admire même les galeries pontificales \ voudrait réunir les antiques de Provence dans ramphithéâtre de Nîmes, et le reste de nos antiquités nationales, ou sur place, ou dans les Thermes de Julien. Nous avons vu qu'ici son rôle fut consi dérable. Admirables encore la galerie Buonarotti dans la (( casa )) authentique du grand sculpteur, et la galerie de Rubens au Luxembourg, qu'il reproche à Ghalgrin d avoir détruite et qu'il demande qu'on recompose^.
Mais il a lutté âprement contre le Musée (( entrepôt » ou (( serre ». Certes, il n'en a pas empêché le développement^ : le Luxembourg se rouvre en 1818, salué parEm. David qui y reconnaît un peu son œuvre' ; le musée historique de Versailles en 1 832, le musée Charles X au Louvre en 1827, et la galerie d'Angoulême, c'est-à-dire le musée de sculj)ture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes, en 182/5. Les Massias, Sebast. Erard, Laffîtte, De Frainays... forment amoureusement leurs cabinets, 011 le « morceau » domine\ Mais, investi de hautes fonctions près la ville, le Gouvernement et l'Institut, il est certainement pour beaucoup dans le grand programme de travaux de la Restauration, qui appelle « de nouveau les arts à devenir dans les
1. Journal des Savants, juillet 1821, p. Sg/j. — Avant-propos du Jupit. Olympien, etc.
2. Notice sur Ghalgrin, « La peinture qui instruit comme monument est fort au-dessus de celle qu'on étudie comme modèle. »
3. Sur la muséonianie européenne, cf. la lettre de Levasseur lui-même, un des directeurs du Louvre, au comte de Pradol, 28 novembre 18 15 (A. N., O"^ i43o).
l\. Moniteur, 22 mai 1818.
5. La galerie Lafïïtte, par exemple, contient surtout des flamands, des allemands... ; les italiens sont en minorité (^Moniteur, i5 décembre i834).
iq6 les institutions
temples, dans les palais, dans les monuments publics..., les historiens de nos exploits, les gardiens de nos traditions* ». Il a été un partisan passionné de la décentralisation, et patronne la fresque et le bas-relief parce qu'ils sont attachés au monument.
Depuis les Considérations son idée a fait du chemin. Les Bourbons essaient d'en faire une application méthodique en faveur de l'Eglise et de la dynastie. Le comte de Pradel, directeur général des Beaux- Arts près la Maison du Roi, s'en empare : qu'on lise la curieuse lettre où il vante à Fontaine (( le mérite de la chose en place » et la mauvaise habitude (( prise depuis vingt-cinq ans à l'existence des Musées^). MieP, Gavedoni"^, font écho à Quatremère ; Delécluze lui emprunte sa répugnance à l'égard des « hôpitaux de la peinture ^ ». Sainte-Beuve le loue'' d'avoir protesté contre le déplacement des antiques, de vouloir l'œuvre d'art en son milieu, et s'autorise de lui pour replacer la « Bérénice » de Racine dans le décor de la cour de Louis XIV : la « Bérénice », le (( Jupiter Olympien » sont des œuvres de signification (( sociale ». Sur la funeste influence des musées, sur le danger de l'art pour l'art, sur la destination publique et sociale de l'œuvre d'art, il ne manquait à la doctrine de Quatremère que la consécration du saint-simonisme : l'emprunt du Saint-Simonien anonyme de i83o est évidente Et Tolstoï viendra bientôt. Inu-
1. Notice sur Chalgrin. — Cf. le chap. sur les Embellissements de Paris.
2. i^'" août 1816 (Arch, Nat., O' iSgi); le comte de Forbin, directeur des musées, demandait pour le Louvre deux statues des Tuileries. Cf aussi (Arch. Nat. , O^ 1 43o) la correspondance entre le prince de Foix, le chevalier de Senonnes et Forbin, au sujet de l'Amour de Bouchardon, transporté des jardins de Trianon au Palais de Saint-Gloud, et que Forbin voulait pour le Louvre (18 16).