‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 189 sur 396 · Mém. de l'Institut, classe d'Hist., I, p · texte numérisé non relu

Mém. de l'Institut, classe d'Hist., I, p

/j. « On sait que pour être de votre Académie il ne faut que plaire à deux hommes, M. de Sacy et M. Quatremère de Quincy w (P.-L. Courier, Lettre à MM. de l'Acad. des Inscr. et B. -Lettres, 1819). — Cf. aussi Biogr. Universelle, t. XXXIV, p. 611 ; et A. de Caumont : « votre suffrage serait décisif en ma faveur » (Lettre du 3o déc. i832, Arch. Acad. B.-A.).

5. Proccs-verbaux (Arch. Institut): 1/4 nivôse, 22 germinal et iG messidor

an XIII, 24 janvier, 9 mai et i/j août 1806, etc De iSo/j à 1839 les proccs-

verbaiix sont riches de mentions qui le concernent, et que nous aurons à signaler en détail.

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intuitive, qui recrée d'après les textes de Pausanias, de Diodore de*Sicile, de Pline. Il attribue bien une haute importance aux ruines, encourage énergiquement les restitutions des pensionnaires architectes d'après les monuments de Rome, prépare lui-même sur place celle du temple de Jupiter à Agrigente. Mais, là où la ruine ne suffit pas ou manque, c est le texte ancien qui supplée. La méthode positive ou expérimentale, qui se soumet aux débris, lui paraît ressembler à lart qui s'en tient au modèle. Elle a beau progresser à partir de i8i5, comme dans toutes les formes de l'activité intellectuelle ou artistique, dans le paysage, le genre, la peinture historique... ; en i83o et 1837 encore, R. Rochette signale avec mahce la fidélité qu'il garde aux errements du subjectivisme *.

Non seulement sa nature d'esprit l'y prédestine, comme à l'idéalisme en art, mais il a aussi entre les mains un instrument prompt de restitution: le crayon. Ses dessins essaient de suivre à la lettre les indications des auteurs ; il est un des rares archéologues qui aient dessiné eux-mêmes leurs restitutions. Sa thèse ici est remarquable : la probité exige que celui qui conçoit et celui qui exécute soient le même. Si r archéologue reste infidèle à ce qui fut par la faute d'un texte déjà trop vague, il est inutile que le dessinateur trahisse à son tour les intentions de l'archéologue. (( Faire revivre par le dessin » les monuments antiques, avec réserve, et avec la claire conscience du péril de la divination, lui paraît donc la fin même de l'archéologie \ En cela il rcA^endique toute supériorité sur Boivin, qui a fait dessiner par

1. Journal des Savants, janvier i83o, p, 43 sq. ; il était « plus préoccupé de restituer à la science les monuments qu'elle a perdus que d'interpréter ceux qu'elle a recouvrés ». 11 est intéressant de retrouver ici, chez Quatremère et plusieurs archéologues de son temps, la répugnance des idéalistes à se soumettre à l'objet. Néoplatonisme et archéologie positive et scientifique sont chez lui inconciliables: son archéologie, comme celle de Gaylus, est surtout l'interprétation de ce qui n'existe plus.

2. Mém. de l'Imlilut, nouvelle série, t. IV, p. 'ài2-Z'i[\\ Monuments et ouvrages d'art antiques restitués, t. I, Préface.

Wleughels, même sur Gaylus\ Il ne se demande pas si la dualité de l'antiquaire et du dessinateur, se contrôlant ou s'éprouvant l'un l'autre, n'est pas une garantie critique de plus contre l'excès de sens personnel.

Pour la peinture antique, son article de 1807 sur les vases céramograpliiques^ s'associe aux efforts de Mazocchi, de Winckelmann,de Lanzietde Millin pour faire justice de l'erreur de Montfaucon, Dempster, Gori, Caylus et Passeri, qui attribuaient aux étrusques la plupart des vases trouvés en Toscane, en Sicile et en Grande-Grèce, Ici comme en architecture, il est de ceux qui ont réagi, avec succès, contre la manie d'expliquer les antiquités du sol de l'Italie par l'Italie elle-même, et contre la faveur exagérée des Etrusques au XVIII*' siècle. G est ici la première application de sa méthode : retrouver en Italie la Grèce, comme ou reiTionte à la source. Afin de ruiner l'erreur consacrée par le langage, il propose aux érudits l'appellation de vases céramographiques , 011 s'expriment à la fois la matière et le décor : elle est restée \ Ce n'est pas la dernière que créera cet esprit impérieux, qui frappe le mot ou la formule comme un balancier. Il appelle de tous ses vœux un inventaire ou corpus gravé de tous les vases antiques des cabinets d'Europe, juste à l'époque oii l'avidité des collectionneurs se joint à l'attention des archéologues et à l'enthousiasme des artistes. Gomme les recueils de d'Hancarville et de Tischbein sont chers ou médiocres, il est heureux, pour l'honneur national, de promettre aux érudits, aux artistes, celui de-Lenoir et Willemin, qui s'élabore précisément à la Malmaison devant la belle collection de Joséphine'^. L'article même est

î. Mém. Institut, (droit), p. 322, Il va jusqu'à soupçonner Caylus de n'avoir été ni dessinateur ni traducteur, et ceux qu'il a mis en œuvre d'avoir opéré sans le secours l'un de l'antre.

2. « Sur les vases céramographiques appelés jusqu'à présent étrusques, « Moniteur, i4 oct. 1807.

3. Gh, Lenormant et de W itte, Élite des monuments céramographiques, 3 vol. in-li'^, 1844 1857.

4. Peinture^ vases et bronzes antiques de la Malmaison, 18 lo.

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écrit pour lancer la publication de Glener et Millin V, dont il essaie de communiquer au public le délicieux avant-goût en lui signalant les dessins de deux « des plus beaux vases qu'on ait trouvés » : celui de la Prise de Troie et celui de la Psychostasie^. Alors que la science des vases en est encore à la phase esthétique, il insiste sur ces délicates peintures, auxquelles l'Ecole classique, avec David, les (( Primitifs^ », Ingres', et lui-même ^ essaie de dérober le sens du contour, le génie du trait. C'est parce que les vases tendent à maintenir le souci de la ligne fine et souple, et du pur hellénisme, dans une École qui n'a échappé au (( goût français » de Boucher que pour tomber dans le romain d'Empire, qu'il met son article sous la rubrique significative : (( Antiquité- Beaux Arts. ))

Sa restitution du Demos d'Athènes peint par Parrhasios^ n'est qu'un ingénieux exercice, oii se sont cependant appliqués de Piles, Lanauze, Wieland, etc. . . Après Quatremère, R. Rochette s'y applique à son tour. C'est qu'il s'agit, pour ces exégètes, d'une interprétation de textes, et que ces textes mettent en cause Athènes , dans son peuple et dans son peintre . Quatremère croit que la peinture en question était une caricature d'après la satire d'Aristophane, la figuration, par des têtes d'animaux, des traits de caractère du peuple athénien. Voilà l'art grec condescendant au grotesque! L'art grec primesautier et naturahsteP Hardi était cet aperçu en 1807, de la part d'un archéologue académique, et dangereux l'exemple qu il signalait.

1. « Peintures de vases antiques vulgairement appelés étrusques, gravées par Clener, accompagnées d'explications par A.-L. Millin», 2 vol., 1808-1809, avec dédicace à Joséphine.

2. Cf. la réédit, de S. Reinach, 1891, Introduct., p. viii ; et p. i5, 3o ; pi. 19-26.

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