Delécluze, L. David, p
4. Invent, des Richesses d'Art de la France, Province, t. VII (collect. Ingres à Montauban, n»** 2824-2867 sq.).
5. 11 possède 29 vases antiques dont un, de travail sicilien, fut acheté en juin i85o pour les collections du Louvre (Catalogue des objets d'art... de feu M. Q. de Q., Paris, i85o, n»"* i3-42 ; et Arch. Louvre, A. 6. i85o).
6. Monuments et ouvrages d'art antiques, t. I, 1829 ; lue en séance de l'Acad., i3 sept. i832. — Journal des Savants, ^any'niT i83o.
Plus important est le mémoire sur le « Défî d'Apelle et de Protogène ' ». Encore un débat achalandé : Mengs, Fiorillo, Carlo Dati, Chazot, Bœttiger, y ont dit leur mot ; après Quatremère Raoul Ilocliette dira le dernier, ou à peu près. Il s'agit de savoir comment ont pu s'y prendre les deux rivaux pour lutter de pureté et de finesse dans le trait, comment surtout Apelle a pu vaincre Protogène, qui avait déjà obtenu un trait ténu, délié, presque hors des moyens d'exécution. A l'occasion d'un texte de Pline c est toute une théorie de la peinture que Quatremère met sous le patronage des Grecs. Pour eux, qui sont nos maîtres ^ la peinture c'est le dessin, et le dessin c'est le trait, précis, subtil, quasi-immatériel. Il insiste sur l'importance de 1 instrument, qui trahit Fart le plus idéaliste s'il est épais et mou. Gomme un ou deux brins de soie suffisaient à Apelle ^ pour lancer d'une volée la ligne impeccable, sans bavure, sans repentir, le crayon et la plume, qui sont aigus et durs, ont fait miracle sous la main des Florentins. Selon le vœu de Quatremère, les recueils de gravures au trait, sans ombres ni modelé, naissent nombreux de 1800 à i83o. La ligne n'y est jamais écrasée ni troublée. En attirant l'attention sur les vases grecs et sur le concours de délinéation des deux grands peintres d'Athènes, il ne faisait que pousser l'Ecole vers sa tendance \
G'est encore en pensant aux artistes qu'il présente au public savant la publication par AngeloMaï des cinquante-huitpein-
1. Lu à l'iVcadémie, 20 novembre et [\ décembre 1807, i^'" janvier 1808 (Proc.-verb., mss.). — Mém. Institut, nouvelle série, t. V (cf. Journal des Savants, mars 1887).
2. Après Quatremrre, R. Rochette ne manque pas de les donner en exemple aux artistes (Journal des Savants, loc. cit.). Il rappelle que M. Ange commenta à sa manière le défi qu'on lui contait, en dessinant plusieurs fois une même figure avec des traits de plus en plus ténus.
3. Cf. les mêmes observations dans E. Pottier, Douris, s. d., p. 47.
4. Du Salon de 1795 à celui de 1808 le nombre des dessins a sextuplé. — « L'un des caractères distinctifs de l'Ecole française est dans une certaine assurance de trait opposée au vague, qui avait à une autre époque pris une faveur dangereuse pour l'art « (Dandréc, Lettres à Denon sur le Salon de 1808. Paris, 1808, p. 17).
tures du Codex homericus de l'Ambrosienne ^ Dans cet art dégénéré il perçoit le dernier souvenir des traditions classiques. C'est sa façon de s'intéresser à la décadence, où Winckelmann n'arrivait qu'avec tristesse, où Heyne pénétrait avec une curiosité avide ^. A. Mai attribue le Codex et ses miniatures au vi*" siècle ; mais Quatremère, en archéologue de race, pressent derrière la réplique tardive un original perdu, comme derrière les sarcophages dont l'industrie répète indéfiniment les poncifs il devine les bas-reliefs d'Auguste et des Antonins. On l'a suivi dans cette méthode régressive, qui donne encore tant de résultats ^ Il n'en est que plus heureux de signaler à nos artistes, non seulement des documents authentiques sur les coutumes, costumes, et accessoires de la civilisation constantinienne, avec les couleurs propres à chaque profession ; non seulement cette belle tradition iconographique de l'antiquité, la supériorité de stature chez les héros '^; mais aussi le système de l'écriture figurative, (( la succession des images et des objets parallèle à la succession des idées )). C'est bien le système du bas-relief antique, par exemple sur la colonne trajane. Dans la décadence de ses formes l'art antique reste ainsi un idéogramme : Quatremère ne manque jamais de le rappeler à l'art contemporain, comme une vocation perdue \
L'architecture antique l'a autrement préoccupé. Ce n'est pas seulement son goût qui l'attire vers elle, mais le souci d'opposer ses exemples à l'invasion de la mode gothique qui