Arch. Seine, carton
6. F. Vaubertrand, L'Humanité sous la Terreur, récit en vers, Paris, iS/jS. — Sainte-Beuve félicite Vaubertrand de s'être ainsi « honoré grandement » (Nouv. Lundis, t. I, p. 365).
derne », elles devaient lui fermer sous l'Empire, en dépit de ses palinodies, l'accès des hautes fonctions.
Voici le Directoire. En juillet 1796 il se présente devant le tribunal criminel du département avec ses amis, soi-disant pour purger sa contumace, est l'objet d'un mandat d'arrêt, mais sollicite son acquittement en un fougueux et très habile discours oli il rappelle les proscriptions dont on a à son égard « comblé la mesure ^ ». Acquitté le 22 thermidor, il peut lire dans la Sentinelle les protestations de Louvet contre sa condamnation, celles de Trouvé dans le Moniteur et de la Décade contre son (( absolution » .
Le 22 germinal an V le département de la Seine l'envoie comme député aux Cinq-Cents ". Il y retrouve Vaublanc, Pastoret, Debry, Boissy-d'Anglas, et tous ses amis, et avec eux essaie de « saper à grands coups l'édifice révolutionnaire, diminuer l'autorité du Directoire, forcer la paix extérieure et ouvrir l'avenue à la monarchie ^ ». Ici encore laissons de côté ses interventions artistiques. Il est membre delà commission de classification des lois, surtout de la commission d'Instruction publique chargée d'un plan général de réformes. C'était là, dans les Assemblées, sa compétence reconnue. Le 11 thermidor, dans une motion d'ordre sur le projet d'aliénation des presbytères, il émet le vœu, au nom de ses collègues, qu'ils soient affectés aux écoles primaires, «l'institution la plus utile de toutes », impossible dans les campagnes sans ces édifices. Il fait surseoir à la vente. Le 9 fructidor, il fait (( sur le mode et l'organisation des biens affectés aux bourses des ci-devant collèges de Paris » un rapport qui conclut à mettre celles-ci à la disposition de l'Etat, non de Paris, selon l'antécédent si heureux du collège Louis-le- Grand, (( le collège de toute la France ». Fréquentes sont ses
1. Discours prononcé par le citoyen Quatremere-Quincy au tribunal criminel du département... le 22 thermidor an IV, imp. Le Clère, 1796.
2. Table des procès-verbaux des séances des deux conseils du Corps Législatij depuis le /cr prairial an V jusqu'au 3o floréal an VI, Paris, floréal an X. — Aux volumes mêmes des Procès-verbaux est le détail de ses interventions.
3. Mallct du Pan, Correspondance avec la cour de Vienne, t. II, p. 33 1.
autres interventions, en dehors de l'instruction publique \ On le surveillait. Membre du club de Clichy, il est condamné à la déportation par la loi du i8 fructidor \ fuit grâce à Talleyrand, qui l'avertit la veille et lui remet un passeport avec dix mille livres. Quatremère disait plus tard n'avoir jamais connu personne plus fidèle en amitié ! Réfugié en Allemagne, il se lie avec Jacobi dans le Brisgau, avec Christian de Stolberg dans le Holstein, se fixe ici à Tremsbûttel où il retrouve Portalis, Mathieu Dumas, Van der Bourg et d'Angiviller, et s'initie à la langue et aux méthodes de la philologie et de l'archéologie allemandes^.
Rappelé par l'amnistie du i8 brumaire, il se retire à Passy, près de Royer Gollard, qui assiste d'assez près à la préparation de son (( Jupiter Olympien » pour qu'on ait pu croire qu'il en avait écrit quelques pages. Royer-Collard disait que Quatremère lui avait beaucoup appris^. Ils s'associent au comité royal accrédité près de Louis XVIII pour frayer les voies à la Restauration. Spiritualistes, doctrinaires, ils sont faits pour s'entendre. Là aussi Talleyrand, les architectes Legrand, Durand..., viennent le visiter.
Le Consulat est venu. Quatremère fait lever le séquestre mis sur ses biens, mais ne recouvre qu'une partie de sa chère bibliothèque \ L'amitié de Frochot, préfet de la Seine, appelle (( l'ex-législateur )), sur acceptation du Premier Consul, au Conseil général du département de la Seine ^ faisant fonctions de Conseil municipal de Paris. Nommé secrétaire dès la i"^^ séance (le i*"' thermidor an VIII), il rédige le procès-verbal de la visite solennelle au Premier Consul (le 5) : on y perçoit
1. 11 s'oppose à l'aliénation du Palais Égalité, fait rapporter l'article 2 de la loi du 21 prairial an IV qui éloigne de France les étrangers ; appuie le projet d'exception, dans la loi contre les « émigrés incurables », en faveur des chefs d'ateliers et de manufactures, propose de dissoudre les sociétés politiques, etc.
2. Aulard, Paris sous la réaction thermidorienne, t. I.V, p. 820.
3. Portalis, De l'usage et de l'abus de l'esprit philosophique, ï^aris, 1820, p. Sa. [\. Spuller, Royer-Collard, iSqS, p. 38, 61.
5. Arch. Seine, cartons 51/5987 et 647/1942. — Bibliothèque de l'Institut; Mss. NS. t. XLI, dossier 4.