Mus. de Sculpt., t. I, p. xlii, et 8S, go
en dit son admiration et lui fait quantité d'emprunts tout en écartant la vision d'un Phidias presque aussi somptueusement hiératique qu'un bysantin\ Fait curieux, c'est Beulé, l'archéologue de i85o, qui ramène Phidias dans la tradition classique, hors de laquelle Quatremère, l'antiquaire de i8i5, l'avait doucement sollicité. Ch. Blanc lui aussi a peur de ces audaces : très élogieux pour le Jupiter olympien en tant qu'évocation de la polychromie ancienne des matériaux, il craint qu'on ne tire argument de cet ouvrage (( si ferme en ses déductions, si plein, si lumineux )), en faveur de la polychromie picturale ^ Les appréhensions de ce classique de la dernière heure, qui écrit une Grammaire des Arts du Dessin, font deviner le tumulte causé chez les artistes archéologues, par le livre d'un savant pour qui une œuvre antique est toujours une œuvre d'art, donc un exemple à imiter.
Dans le Jupiter olympien Quatremère pressentait le génie hellénique : les L^//re5 à Canova (1818) témoignent qu'il en a reçu enfin la révélation. Dès 181 6, Visconti et surtout Ganova, appelés comme arbitres par le gouvernement britannique pour apprécier la qualité des marbres du Parthénon proposés à son achat par lord Elgin, l'ont jugé, malgré bien des incompréhensions de détail, avec un certain sens archéologique ou artistique \ Mais Quatremère, qui a l'un et l'autre, a pénétré plus avant que tous les deux dans le secret de ces chefs-d'œuvre. Enrichi d'ailleurs de tout ce qu ils avaient appris avant lui devant les marbres, son opuscule est, en 1818, la première définition, savante et sentie, qu'on ait donnée en France de l'art attique au v*' siècle.
Ce n'est pas que les sculptures du Parthénon lui fussent tout à fait inconnues. Nul plus que lui ne s'était servi des