lettre à Canova, p
6. 3° lettre, p. 69. — Sur leurs relations voir encore Journal des Savants, 1822,
23o LES INSTITUTIONS
jours, SOUS l'impression encore vive, sept lettres' que le destinataire a publiées. Elles frémissent d'enthousiasme, mais renferment en même temps sur la place de ces sculptures dans l'évolution de la sculpture grecque, sur la part probable de Phidias, sur les sujets, le goût et la technique, d'excellentes notions que les erreurs du temps ne déparent pas. A Londres, il les résume au sculpteur Charles Rossi : (( Qui n'a pas vu les marbres d'Elgin n'a rien vu », et à son retour en France il répète à ses amis : (( Toutes nos études sont à recommencer". »
C'est qu'on touchait enfin des originaux grecs, et de la grande époque, à peu près datés^ Winckelmann, pour qui l'Histoire de l'Art « doit constater les faits par les monuments... parvenus jusqu'à nous'^ », est venu trop tôt. Connaissant surtout des œuvres (( faites en Grèce pour Rome ou par des Grecs à Rome ». il juge l'art grec dans le gréco-romain ou sur des copies. Ignorant presque tout de la longue gestation de trois siècles de polychromie, qui aboutit à Phidias, il se méprend sur la grande école atlique et celle qui la suit, puisqu'il croit que la perfection a attendu Praxitèle. 11 n'a pas eu le bonheur de voir un lord anglais lui apporter la fleur du génie grec. «Personne, dit Quatremère, ne nous avait dit la centième partie de ce que le seul plâtre de Thésée apprit en un instant'. »
Le (( Thésée » original et ses voisins des frontons lui apprennent que Praxitèle a pu « ajouter quelque agrément », mais qu'avec Phidias a le génie du siècle de Périclès avait touché les bornes de l'art ». Il fait ici amende honorable. Si Winckelmann l'avait cru (( héroïque », c'est-à-dire archaïque, lui-même l'avait trop réduit aux colosses chryséléphantins, héritiers