III. — L'Académie des Beaux- Arts
Le plus sûr moyen d'assurer la pureté du goût, c'est d'organiser fortement les trois grandes institutions où les artistes se forment, puis reçoivent la consécration officielle de leur talent: l'Ecole des Beaux- Arts, l'Académie de France à Rome et l'Académie des Beaux-Arts.
C'est sur celle-ci que Quatremère concentre d'abord son attention; elle a la tutelle sur les autres, qui tendent à elle comme à leur lin, elle est la forteresse de la doctrine, et possède l'élite de ceux qui la commentent ou l'illustrent par leurs œuvres. Lui qui avait tant contribué en 1791 à la chute de l'ancienne Académie Royale, devient de 181 6 à 1839 l'Académie faite homme. C'est que, par bien des côtés, celle de la Restauration, qu il aide à établir ', renie la première, qu'il avait voulu réformer : celle-ci était « 1 école du modèle », celle-là est la gardienne du goût idéalo-antique.
Peu importe qu'après la réorganisation de l'Institut il entre, non dans la classe des Beaux-Arts, mais dans celle d'Histoire et Littérature anciennes ^. L'antiquité étant la grande maîtresse d'art, l'archéologie l'aide à pénétrer, en hôte tout d'abord, dans la section des artistes ^ Ils l'appellent en i8o4 à lire en séance publique sa dissertation sur la di-
1. Dès 1801 il exprime ce souhait (Rapport au conseil général, 28 germinal an IX).