I. Cf. Moniteur, 182/», p- i584 (signé D
l'organisation officielle de la résistance 261
l'Empire eux-mêmes avaient choyé. Un tel dévot du colossal ne peut regarder la miniature que comme un péché mignon, mais un péché.
A côté des genres Quatremère juge les époques et les individus. Comme la plupart des académiciens qui disparaissent entre 181 6 et i838 sont nés vers le milieu ou le dernier tiers du xviii" siècle, et ont plus ou moins collaboré à la Renaissance idéalo-antique qui va de 1770 à 1800, chaque notice à son début déplore « l'éclipsé » et célèbre la nouvelle « aurore^ )). Sa haine politique escamote l'art de la Révolution au profit de l'Empire. Il passe sur les débuts de Cartellier : les statues de la Pudeur et de Vergniaud ; sur les dessins républicains de Prudhon, sur l'esquisse de la Séance da 10 août de Gérard (179/i), sur la Liberté ou la Mort de Vincent (S. 1795)... 11 ne faut pas qu'il soit dit et prouvé que les sentiments républicains puissent s'exprimer en beauté^; il veut et est longtemps parvenu à nous faire oublier l'atelier bruyant du Panthéon où, sous sa propre direction, la sculpture essayait de se régénérer, forme et fond, sur de nouveaux principes. Vandalisme à l'égard du passé, perpétuel avortement quant au présent, voilà toute la Révolution. C'est lui qui a le plus contribué à lancer ce double lieu commun, qui, avidement propagé par la Restauration, a fait loi jusqu'aux travaux de Renouvier en l86o^ « Ce mot de Révolution revient comme annonçant une sorte de lacune, un espace désert et stérile » dans l'histoire de l'art \ De même, l'Empire a été néfaste par la préférence donnée aux genres « parasites » ou « subalternes » : le portrait et la bataille. Il a gâté David, perdu Gros et Girodet. L'esprit sco-