Moniteur, 26, 29 juin, 6 juillet i
2. Arch. Institut, P roc -uerbaux de ÏXcdid. des B.-A., 22 janvier i825.
3. Arch. Acad. B.-A., dossier i83i : lettres de Montalivet, du 4 février, et de d'Argout, de mai.
4. Lettre du ministre de l'Intérieur à Alérimée, secret, de l'Ecole des B.-A., 28 janvier i83i (Arch. Ec. des B.-A., carton des « Règlements «).
c'est avant tout d'arracher les deux établissements à l'antique tutelle, et de rompre « l'unité factice » des trois institutions. Les articles 3 et 4 noinmaient même dans la commission, à côté d'artistes académiciens et de Quatremère de Quincy, des indépendants, des avancés, ou même des ennemis déclarés, Alavoine, Duban, Schnetz, Delaroche, ScliefFer et Eugène Delacroix, un peu plus tard Labrouste, Sigalon... Elle devait même entendre toutes réclamations et projets émanant de personnes étrangères à ellemême '. C'était substituer au privilège académique l'appel à la foule, le suffrage universel. Quatremère, indigné, répond par une très belle lettre de dignité hautaine et... d'amnésie à l'égard de son propre passé : « Jadis aussi ce furent de semblables projets d'améhoration qui amenèrent avec la chute de toutes les Académies, la ruine de tous les enseignements et encouragements des sciences et des arts, qu'avait fondés la sagesse d'une longue expérience ». Il n'y a aucune décadence dans le savoir et le goût, dans les études et dans les ouvrages. Et cela « tient à ce principe d'unité et de continuité qui, dès l'origine jusqu'à nos jours, a réuni en une seule l'institution de l'Ecole et celle de l'Académie, et, sous une direction constante des mêmes maîtres, l'enseignement supérieur des arts du dessin, le système des rapports qui doivent les unir, la surveillance des études à l'Académie de Rome... Or, c'est à rompre ce cercle d'unité que visent les innovations projetées... Elles tendent à enlever à l'Ecole ou à l'Académie leurs fonctions, en y appelant une adjonction d'étrangers trois ou quatre fois plus nombreux. Cette introduction d'artistes volontaires dans tous les jugements d'école, d'une multitude rivale et sans responsabilité, deviendrait pour l'Académie le plus actif dissolvant... Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle s'est trouvée en butte à des passions qu'elle ne veut pas qualifier... Mais cela ne l'empêche pas de remplir avec honneur les devoirs que lui im-
t. Cf. l'Artiste, t, I, i83i, p. 20. Les académiciens refusèrent d'entrer dans la commission : on nomma d'autres membres (cf. Le Temps, 5 et 6 févr. i83i).
l'organisation officielle de la résistance 278
pose la nature de ses fonctions depuis un siècle et demi* ».
L'opinion se passionne pour les (( démêlés homériques » entre le tout jeune ministre et le secrétaire perpétuel, qui lui fait subir « sur papier de Hollande la flagellation d'une parole sèche et révérentieuse ^ », et dit excellemment son fait à son Excellence ! Elle note que sur l'énergique décision du ministre, qui raye de la commission les académiciens (( pour avoir trop fait les dégoûtés », l'Institut « a repris son obséquiosité ordinaire, et s'est déclaré enchanté de la bonté du ministre. Le tout signé Quatremère de Quincy ». L'Aî^iste enregistre les propositions subversives deHuet, de Delacroix. Le Temps marque les coups ^ Quatremère l'emporte enfin : l'Académie, après cette alerte, garde en paix ses attributions jusqu'en iS/jS. C'est à lui qu'elle le doit.
Sa Aigilance voudrait écarter d'elle, et de l'Institut, toutes les promiscuités. En 181 9, il s'oppose à la réunion de la Mazaiine avec la Bibliothèque de l'Institut, entre dans trois commissions successives formées à cet elTet, et rédige le 8 avril 1820 le rapport de protestation, qui est une sauvegarde jalouse des beaux et rares ouvrages d'art ou d archéologie (ce qui revient alors au même) lentement recueillis. La plupart viennent de dons, faits expressément à l'Institut. C'est violer la volonté sacrée des donateurs que d'en changer la destination, et tarir la source de richesses nouvelles. Quatremère voit très justement dans cette chère Bibliothèque, qu'une générosité intelligente entr'ouvre aux laborieux, un foyer de culture et d'information scientifique qui gagne en intensité ce qu'il perd en expansion. L'ordonnance est rapportée en janvier 1822 \ Lorsque l'archéologue normand
1. Lettre au ministre, du ii août 1882 (Arch. Acad. B.-A ) : y sont joints les projets de modifications proposés par ciiaque académicien, Lebas, ïhevenin, Granet, Richomme, Garnier, Huyot...