‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 262 sur 396 · Séance du 11 messidor an III (ic/., n · texte numérisé non relu

Séance du 11 messidor an III (ic/., n

1791. Comme pour y répondre immédiatement, la loi du 3 brumaire an IV établit dans la République les « Ecoles spéciales )) de peinture, de sculpture et d'architecture^ ; il est vrai qu'en instituant aussi des cours dans les Ecoles centrales qu'elle créait en même temps, elle allait contre les tendances de Quatremère, hostile à l'enseignement secondaire et primaire du dessin, à toute vulgarisation de la culture artistique. Déjà en 1791, au comité d'Instruction publique de la Législative, il s'était opposé au projet de son collègue Condorcet, d'établir dans chaque collège un professeur de dessin^. Tout ce qui peut rendre la pratique de l'art accessible à la foule, sans sélection, sans vocation, lui répugne ; il redoute l'ainateur, fruit naturel des cours de dessin dans les collèges, et dont les Expositions lui feront bientôt déplorer le pullulement. L'art aux artistes est à ce classique, aristocrate par nature et par idéalisme platonicien, un vœu aussi cher ^ que l'est aux romantiques la méfiance du « bourgeois ». L'esprit démocratique de la Révolution * a toujours cherché à étendre jusqu'au peuple la double jouissance que l'art peut donner : celle de la vue (Salon public, musées), celle de l'initiation réelle. Mais Quatremère, sauf de 1791 à 1796, années d'enthousiasme pour la liberté récente, veut restreindre la première comme funeste à l'art, et refuse la seconde comme un galvaudage de ce qui appartient à l'élite.

Aussi a-t-il dû applaudir au projet de loi de Chaptal sur l'Instruction publique " : non seulement ce projet consacre la fondation d une Ecole spéciale des arts du dessin, lequel (( fait la base des connaissances nécessaires au peintre, au sculpteur et à larchitecte », mais il reprend, sans qu'on puisse décider s'il y a emprunt ou analogie, plusieurs des

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