‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 263 sur 396 · Moniteur, 2 5 brumaire an IX · texte numérisé non relu

Moniteur, 2 5 brumaire an IX

dispositions du plan des « Considérations* ». Le projet reste en suspens. Mais une occasion s'offre à Quatremère d'agir publiquement, officiellement, pour le triomphe de ses idées ; il est conseiller général du département de la Seine. Le i5 germinal an IX Chaptal demande au conseil un rapport sur la (( situation des diverses écoles, le progrès ou décadence de l'enseignement. . . » Quatremère, chargé par son bureau de cette enquête, généralise de Paris aux départements, et, dans son rapport du 29 germinal, sollicite une réorganisation des Ecoles spéciales qui « leur rendrait leur ancien éclat ». Là est le salut de l'art français. Les cours de dessin dans les collèges.^ Ils ne sont qu'un « abus », « une distraction nuisible aux autres études ». Est-ce un passetemps.^ L'Etat n'a pas à payer les amusements des étudiants. Visent-ils à l'utilité, par exemple à perfectionner les arts mécaniques .►^ il y a pour cela l'Ecole gratuite du dessin. S'ils ont pour but d'initier les jeunes français aux arts d'imitation, ce sont précisément les Ecoles Spéciales de dessin qui seront chargées de ce soin. Ici seulement l'Etat trouvera, pour élever les monuments publics, des artistes éprouvés, non par des concours ouverts à tous, mais par « divers degrés d'épreuves ^ ».

Le Conseil général accueille le rapport avec des éloges, vote l'annexion au procès-verbal, et le Préfet le transmet au ministre de l'Intérieur. Chaptal en fait son profit, car la loi du 1 1 fforéal an X (1^' mai 1802) \ organique de l'Instruc-

1. Le principe de la formation commune des divers artistes, le programme des cours communs, le maintien de la pension de Rome malgré la concentration au Louvre des chefs-d'œuvre des galeries italiennes, etc..

2. Extrait mss. des Procès- verbaux (Arch. Nat,, F^^V, Seine i). — Le dessin ne doit être dans les collèges qu'accessoire et facultatif, et (la restriction est intéressante) limité à l'enseignement « linéaire de mesures et de proportions, qui forme les éléments de l'architecture ». Il voudrait écarter le dessin « d'imitation qui forme les éléments de la peinture », p i-^i. — On comprend que E. Guillaume, disciple de Q. de Quincy à bien des égards, et qui inspira l'arrêté du 2 juillet 1878 sur l'enseignement obligatoire du dessin dans les Lycées et collèges, l'ait cité dans le Dictionnaire Pédagogique parmi ceux qu'il faut consulter sur « l'organisation de l'enseignement des Beaux-Arts ».

Page 1