Arch. Acad. B.-A. : minute du rapport (dossier
2. Proc.-verb., 3i août et 7 sept. 18 16 — et Notice sur les travaux de V Académie depuis octobre i8i5. Il se console parce que l'Italie est « le pays qui a le privilège de réunir dans ses sites et dans ses ruines les modèles les plus imposants de la nature embellie par l'art et animée par les plus nobles souvenirs ». — Voir aussi pour les articles restrictifs du règlement: Baltard, La Villa Médicis à Rome, Paris, chez l'auteur, 18/17, P- ^^- -article 25: dans les trois premières années le pensionnaire doit faire le tableau d'urte vue prise sur nature, et ce tableau sera successivement un paysage agreste ou monlueux, un paysage orné de
Ainsi, vaincu sur le fait de la création du Prix^ qui consacre comme indépendant un genre suspect d'usurpation, il a énergiquement ligotté celui-ci; puis, la section de peinture et lui ont soin de ne le remettre qu'entre des mains orthodoxes. Après Michallon, les pensionnaires du paysage à Rome sont, en 182 1 Rémond, en 1826 Giroux, auquel ils sacrifient Brascassat sous les huées des élèves de l'Ecole des Beaux-Arts \ en 1829 Gibert, en i833 Prieur, en 1837 Buttura, tous paysagistes sages, pour qui la nature a grand besoin d'être corrigée et relevée d'humanité. Après la retraite de Quatremère en 1839, J.-A. Benouville (i8/i5) par la délicatesse du sentiment^, et de Curzon (18A9) P^^' ^^^ ^^^" cution élégante et gracieuse jusque dans la sécheresse, ont seuls un peu réhabilité le Grand Prix, qui meurt de honte en i863.
Les Académiciens ne s'en vengèrent pas moins du trop pressé Michallon. Après avoir loué en 181 9 son (( Enjambée de Roland^ » que Forbin et Corbière demandent pour la Galerie de Diane à Fontainebleau', les rapports de 1820 et 182 1, rédigés par Quatremère, sont sévères à YOEdipe à Colone et au Thésée pourchassé par les Centaures . Quatremère écrit à Guérin pour souligner son intention d'être sévère". L'aurait-il été moins, s'il s'était douté qu'à son retour d'Italie en 1822 Michallon, prenant le jeune Corot sous sa direction, allait lui vanter le paysage ombrien et ro-
fabriques ou de ruines, un site de paysage, côte marine. — Chacun de ces paysages devra contenir des figures et des animaux... Le tableau de troisième année devra représenter une vue exacte d'un site d'Italie, dont le choix sera approuvé par le directeur. — En quatrième année, le pensionnaire devra exécuter un tableau de sa composition, dont le sujet sera tiré de l'histoire ancienne, profane ou sacrée, ou de la mythologie.
1. Am. Duval, op. ci/., p. lo. — « L'Académie a arrêté de témoigner sa satisfaction sur le concours » (Journal des Savants, p. 567).
2. Bien plus remarquable encore chez son frère Franc. Léon Benouville.
3. Rapport sur les travaux des pensionnaires, 1819 (minute aux Arch. Ac. B.- A., dossier 1820) Il parut au Salon de 1819.
4. Lettre de Forbin à Quatremère, octobre i8ig (Arch. Acad. B.-A ), et lettre de Corbière à Forbin, janvier 1828 (Arch. Ecole B.-A.).
[). 28 oct. i8ao (Arch. Açad. B,-A.).
main, Amalfi et Sorrente'? Michallon, qui força les portes de l'Ecole de Rome, et Valenciennes, qui ne put jamais forcer celles de l'Académie, ont gagné à la formule du paysage historique et italien un des choryphées du renouveau de i83o. C'est pour cela sans doute que le jury de 1827 reçut au Salon la Vue prise à Narni et la Campagne de Rome : Quatremère ce jour-là n'y assistait pas\
Ce prix encourageait une classe nouvelle d'artistes. C'est un mal ! Le mal empire avec la multiplication des prix de second ordre: Guérin se plaint en. 1826 que la Villa est encombrée. Quatremère met le doigt sur la plaie : la conscription. Comme on en avait exempté les Grands Prix, (( qui étaient les premiers, on imagina, pour multiplier les exemptions, d'appeler tous les prix grands^ ». Possédant le secret de relever l'art, qui est de (( décourager habilement le trop plein des artistes», il voudrait bien restreindre le nombre des élus. Mais il discerne chez le gouvernement « une sorte de système tendant à dépeupler l'Ecole de Rome pour arriver à la faire regarder comme inutile » : c'est la multiplication des vacances. Il annonce donc à Guérin qu'il recevra cette année une abondante recrue, et que l'Académie est décidée à attribuer les prix dont elle dispose *. Il faut qu'il
1. (c C'était, disait Corot, un talent qui serait devenu très fameux « (H. Dumesnil, Corot. Souvenirs intimes^.
2. A noter, do Baltard, successeur de Dufourny à l'Ecole des Beaux-Arts, d'originales « Observations sur le concours du grand prix de paysage historique et sur la nécessité de donner une nouvelle direction aux études de ce genre «, en 182 1. Selon lui, le paysage ne peut être que descriptif, non historique. « Il faut l'unir à l'histoire naturelle et à la physiologie terrestre. , Pourquoi les peintres borneraient-ils leur ambition à flatter l'œil par quelques effets de couleur et de lumière? Pourquoi, au lieu de ces études stériles, ne s'appliqueraient-ils pas à rendre avec vérité les paysages de toutes les latitudes, ornés de la variété des arbres et des plantes? Pourquoi surtout, les scènes de l'économie rurale, des travaux champêtres, des grandes exploitations, ne s'ennobliraient-ellcs pas sur la toile ? » Et il propose que le voyage de Rome soit remplacé par des voyages dans (c notre belle France » et sur « tout le globe ». Les grands prix « recevraient des missions spéciales pour accompagner les expéditions maritimes ou pour suivre nos ambassadeurs. » (Arch. Ecole des Beaux-Arts, carton des « Règlements », 129).