nov. i835 (Arch Acad. B.-A
^. «Messieurs — ... Si l'Italie offre de nombreux et de magnifiques modèles, la Grèce, école de l'art italien, a droit aussi à toute l'attention d'un architecte. Cependant l'architecture grecque est, pour ainsi dire, inconnue ou du moins peu étudiée. Quand on considère que l'art grec est le type de l'art en général, il est difficile de ne pas sentir le besoin de ne pas connaître ses moiuiments originaux et d'en puiser les enseignements à leur source naturelle...
« D'après ces considérations, Messieurs, j'ai pensé pouvoir demander à M. le
3l2 LES INSTITUTIONS
sentée par vous, ma requête aura déjà mérité d'être écoutée aA ec plus de faveur, car votre autorité en pareille matière est d'un poids bien puissant. Je ne sais si je présume trop en me flattant d'obtenir votre approbation ; cependant je l'ose espérer, surtout quand je pense que je m'adresse à celui qui a écrit : (( Athènes, ton nom seul a des charmes pour moi ». Ce n'est donc pas à vous, Monsieur, qu'il faut retracer tous les attraits, toute l'utilité d'un voyage en Grèce... ». A l'insinuation Quatremère reste insensible : même refus à Ingres, complice sans le dire, qu'à Vernet \ Ecarter Florence et Athènes du chemin des pensionnaires, c'est leur imposer la dévotion exclusive de Rome, de son génie éclectique, de son art de « seconde main », de Yitruve, de Raphaël et de Jules
ministre de l'Intérieur l'autorisation de faire un voyage en Grèce, et particulièrement à Athènes. » A Rome les pensionnaires « répètent depuis longtemps les mêmes monuments ». Pour la restauration de la 4^ année, « les sujets bientôt manqueront tout à fait... On a continuellement à combattre la mauvaise volonté du gouvernement pontifical et les refus positifs des propriétaires des terrains. Faudra-t-il donc refaire ce qui a été fait ? »
« En présence de pareils faits, on est naturellement porté à tourner les yeux vers la Grèce, où le Partbénon, les Propylées, le temple de Thésée, le temple de Minerve Polyade, et tant d'autres monuments sublimes nous appellent, en retraçant à notre esprit l'idée de la plus parfaite beauté. Que Rome, l'antique capitale du monde, Rome qui fut le confluent des chefs-d'œuvre des arts de tous les pays, reste toujours le centre de nos études ; mais qu'il nous soit permis, comme complément de ces mêmes études, d'aller lire dans le texte, les chefs-d'œuvre dont Rome même ne peut nous faire connaître que les traductions, et d'associer dans nos recherches, comme ils le sont dans l'histoire des arts, les temps d'Auguste et de Périclès.
« Messieurs, par un bienfait dont les arts vous sont redevables, vous avez étendu jusqu'à la Sicile le rayon des voyages permis aux pensionnaires ; aujourd'hui, vous pouvez faire davantage en l'étendant jusqu'à la Grèce, aujourd'hui que les relations politiques de la France avec ce beau pays rendent son exploration plus facile encore que la Sicile même. Accordez-moi, à moi comme à ceux qui me succéderont, la faculté de visiter la Grèce, en limitant, si vous le jugez convenable, le temps du voyage, en prescrivant les lieux par où l'on devrait passer, afin d'éviter tout abus possible. Rome, le lo novembre i835 (Arch. Acad. B. A., dossier, i835).
I. 24 déc. i835 (Arch. Villa Méd.). — Ingres avait transmis la requête de V. Baltard sans un mot de commentaires. En juin 1887, il déclare à Quatremère qu'il ne comprend la nécessité des voyages avant la 5® année que pour les architectes. Quatremère répond (28 sept. i838) que ce serait en effet du temps perdu, à l'égard des « chefs-d'œuvre de tous genres que renferment les édifices et les Musées de Rome » (Arch'. Acad. B.-A,).
l'organisation officielle de la résistance 3x3
Romain. L'Ecole de Rome est faite pour Rome ; la laisser se disperser vers les lieux de vive et pure originalité, c'est ruiner la tradition dont vit l'art français depuis la Renaissance, et le mener de gaieté de cœur vers les audaces dont se réclament les révolutionnaires.
En dehors de ces mesures administratives, Quatremère surveille de près la culture et les travaux des pensionnaires. L'intérêt de cette époque, c'est précisément le contraste entre la rigoureuse inquisition du secrétaire perpétuel et les velléités d'indépendance du directeur et des élèves. Il commence par enrichir la bibliothèque de l'Ecole, la culture de l'esprit devant « les inviter à produire des ouvrages du style le plus élevé* )). Il ne faut pas, en bonne discipline classique, que l'artiste fasse son œuvre comme l'abeille fait son miel, spontanément, par instinct. Il fait mieux : il envoie ses propres œuvres, qui y sont encore. Sauf le Jupiter Olympien, que Simart bientôt va lire % et les Lettres sur les marbres d'Elgin, quelle garantie d'orthodoxie ^' Guérin remercie du (( Raphaël » d'un ton pénétré, Vernet du Dictionnaire d'Architecture, Ingres du Raphaël Qi du M, Ange.
Jusqu'en i823 il ménage entre Ganovaet l'Ecole des rapports fréquents. Si tous les pensionnaires pouvaient être canoviens î Mais le coup de maître, ce fut d'installer à l'Ecole un cours d'archéologie, avecNibby. L'idée, si naturelle, date des premières années de la Restauration : Quatremère, dans son rapport à l'Académie, en attribue le mérite à Guérin et tamise en pratique à H. Vernet, qui fait appel àNibby et distribue le cours « en enseignement intérieur et en leçons données sur les lieux ^ ». Mais il était réservé à Ingres de demander une chaire fixe, et à Quatremère de la faire consa-
1. Rapport au Ministre, \[x juin i833 (Arch. Nat., F*' 86171); lettre à Ingres, 28 septembre i838 (ArcA. Villa Méd.), cl Proces-verbaax de l'Académie, 8 juin i833.