‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 296 sur 396 · Archives de l'Art français, 3« série, t. XVI, p · texte numérisé non relu

Archives de l'Art français, 3« série, t. XVI, p

3l8 LES INSTITUTIONS

des artistes » ? Ne troublons pas la marche des institutions : (( lorsqu'une chose va, la sagesse veut qu'on la laisse aller ^ ».

Aux pensionnaires architectes il demande sans doute au nom de l'Académie, dans leur cinquième année, un projet personnel. Mais, cette fois encore, le sens pratique et moderne qu'il attend d'eux, c'est Rome qui le leur inspirera. (( L'Académie n'exige pas de ces conceptions imaginaires qui peuvent témoignei du génie de l'architecte plutôt que de son savoir. Les règlements... demandent à l'artiste un projet de monument public conforme aux usages de la France... Le Roi entretient des élèves à l'école de Rome dans la vue de former des sujets qui puissent servir le gouvernement dans les travaux auxquels ils seront appelés. Or il ne peut être question. . . de ces vastes entreprises que les Romains faisaient avec l'argent du monde entier ni de ces monuments qui sont aujourd'hui sans rapport avec nos mœurs ; mais Rome antique elle-même, et surtout Rome moderne, offrent beaucoup d exemples de monuments applicables à nos usages... Il s'agit d'une composition simple, réfléchie, raisonnée, ..., d'un ouvrage enfin qui devienne pour le pensionnaire, à son retour en France, un titre pour être avantageusement employé » aux travaux du gouvernement ^

Mais c'est à la restitution des monuments antiques qu'il tient le plus\ Celles qui dataient d'avant 1793 ayant été rendues à leurs auteurs ou ayants droit, il a mis une constance passionnée à recomposer le Aaste corpus qui devait faire la gloire de l'école de Rome, et le salut de larchitecture française. Il faut que les pensionnaires rapportent en France

1. Proc.-verb. del'Acad., 25 juin i825, et lettre à Guérin, i^"" juillet (Arch. Villa Méd.), c'est l'époque où Forbin demande à Tliévenin que les pensionnaires exposent au Salon, et où celui-ci, par peur de Quatromère, répond qu'ils ne peuvent songer à se placer « à côté de leurs maîtres » (Arc/i. Villa Méd., 1818). — Pour l'aspect qu'offraient les statues dans les entre-colonnements des Tuileries, cf. la Description de Paris, 2^ partie, pi. 33.

2. Lettre à Thévenin, 22 novembre 1817 (Arch. Acad. B.-A.), reprise en

3. Idée de Golbert, reprise par l'Acad. d'Arcbitecture de 1778 à 1790, puis sous l'Empire. — La plupart, de 1786 à 1891, sont à l'Ecole des B.-A, (cf. le Catalogue de Bengy-Puy vallée, n»^ 239-288 et 63/»-63G).

l'organisation officielle de la résistance 3 1 9

(( les dépouilles de l'aMcieune Rome..., où les ouvrages de vingt siècles sont exposés ». Les rapports annuels les encouragent de leur bienveillance : plus sévères aux peintres qu'aux sculpteurs, et à ceux-ci qu aux architectes, il réussissent si bien, qu Ingres lui écrit qu ils veulent restaurer Rome en- •tière^; pourtant, ajoute le scrupuleux classique, « à réunir ainsi dans un même cadre un grand nombre de monuments, on en diminue la dimension et par conséquent l'étude, et cette réunion de monuments d'époques différentes ne peut présenter l'unité de goût et de style qui... doit être le but constant des recherches. » Quatremère accepte l'excès ; il demande au Gouvernement, dès le début de son secrétariat ^ d'entreprendre à ses frais la publication au trait gravé ; l'opportunité est venue, car avant peu le sol de Rome aura été exploré. (( L'utilité et l'honneur national » sont en jeu: national, car Rome fait partie de nous-mêmes. Laîné,ses successeurs, le prient d'attendre, faute d'argent; du moins la section d'architecture obtient-elle en 1827 que les (( Thermes (FAnt. Caracalla » d'Ab. Blouet, avec le mémoire explicatif, soient publiés*; c'est un acompte en faveur de l'art romain à son apogée, et les entreprises présentes ne peuvent qu'en profiter: Quatremère, qui fait prier les pensionnaires d'ajouter aux mesures françaises la mesure des modules à l'imitation de Desgodets*, se sert des restitutions des thermes antiques, surtout de ceux de Dioclétien, pour les restaurations des Thermes de Julien à Paris. Rorne sert ainsi à réparer Lutèce, et les deux servent à anoblir Paris.

C'est aussi pour préparer la décoration de nos édifices publics qu'il a favorisé, avec 1 Académie, le projet suggéré en

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