Lettre à Thévenin, 22 nov
1817 a Thévenin et au Ministre par le comte de Blacas, notre ambassadeur à Rome: faire de la Trinité des Monts, église française, dont les parois seraient livrées aux pensionnaires, un (( Muséum national et sacré* ». Il y voit l'application d'une de ses plus chères idées : le vrai musée c'est l'Eglise, comme c'était le temple en Grèce, et la vraie peinture, c'est la peinture monumentale, fresque ou tableau, que le souci d'une grande idée à traduire détourne de la recherche exclusive de la sensation. Alaux, Thomas, Picot, Forestier, Pallière, se mettent à l'œuvre. Vinchon exécute en 1819 et envoie un carton de fresque, Ingres exécute pour la même église son Jésus donnant les clefs à Saint Pierre (1820). L'idée a porté de beaux fruits.
Ce sontles rapports sur les envois annuels quijugent l'esprit et les travaux de l'Ecole. Celle-ci les attend avec impatience, parfois avec anxiété; Thévenin, Guérin, témoignent qu'aux yeux des élèves la véritable autorité est là^ C'est dire tout le prix que Quatremère et l'Académie attachent à (( l'un des plus chers devoirs », et le soin qu'ils y apportent. Les envois sont examinés par les sections compétentes, qui transmettent leur mémoire à Quatremère. C'est ce jugement original que le secrétaire perpétuel adresse tel quel au directeur, en le priant, avec une sollicitude de père, de s'abstenir de le communiquer s'il risque de décourager une sensibilité trop délicate. Mais, personnalité dominatrice, il se taille deux larges parts dans la fonction collective.
D'abord il rédige pour la séance publique « un extrait un peu fardé » des mémoires spéciaux. « On pare un peu la marchandise » : le Romantique, qui regarde, n'a pas à entrer (( dans tous les petits secrets de l'Ecole^ ». Les rapports de 1820^ et de 182 1 portent la mention spéciale qu'ils ont été