‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 329 sur 396 · I. Platonis opéra, Stallbaum, 2^ édit · texte numérisé non relu

I. Platonis opéra, Stallbaum, 2^ édit

Ses raj)ports privés avec les artistes furent certainement plus étendus et plus étroits que ne le laissent supposer les documents que nous avons pu recueillir. D'après les uns son influence se devine à travers les relations de sympathie ou d'amitié ; d'après les autres elle se révèle, très précise. Dans tous, même dans les docunnents très rares où il a affaire à un adversaire, il apparaît considérable de réputation et d'autorité.

I. — Il fut naturellement très lié avec les architectes de l'Ecole classique. Dès son retour d'Italie, en 178/i, il vit à Paris dans l'entourage de Glérisseau, l'auteur des Antiquités de la France (1778), attire l'attention * des artistes et du public sur cette œuvre qui commençait la réalisation d'un de ses plus chers désirs, une vaste enquête sur nos antiquités nationales, et lui emprunte tout le premier des arguments de fait pour sa thèse sur la façon dont étaient éclairés les temples grecs ^ Il vénérait chez ce maître, non seulement le restaurateur de la France romaine, mais encore l'ami de Winckclmann qu'il faillit amener en Provence, à Arles, à Orange, à Saint-Ghamas, à Nîmes et à Saint-liemy, pour la ressusciter à ses côtés. Glérisseau envoie, à Rome, au grand anti-

1. Diciionn. Eiicycl. d'Archit., t. I, p. g/j (1788). — Cette V^ publication ne comprenait encore que les monuments de Wîmcs ; il annonce la publication des monuments de Saint-Chamas, d'Orange, etc., dont les planches sont malheureusement en Russie. Mais il a certainement encouragé Legrand à publier la 2<' édit. des Monuments de Nîmes, i8o4-i8o6, 2 vol., 63 pi. avec texte.

2. Mémoires de l'Institut, classe d'Hist., t. III, p. 189-190.

quaire, des observations sur son Histoire de l'Art, dont Winckelmann déclare tenir grand compte ^ C'est donc près de lui et avec lui sans doute que Quatremère a plus tard entrepris cette critique et mise au point de l'ouvrage de Winckelmann, qui fut sa vocation archéologique. Avec le gendre de Clérisseau, Legrand, ce fut une étroite et « longue intimité^ » : Landon, qui en fut témoin, donne Qua-l tremère comme successeur à l'architecte, mort en 1807,* dans la (( Description de Paris. » Leurs principes étaient les mêmes; Legrand admire l'œuvre de son ami au Panthéon^ est l'exécuteur de sa pensée pour l'ordonnance de la cérémonie en l'honneur de Simonneau et pour les réparations de la fontaine de Grenelle. Liés par un goût commun pour l'antique, pour l'Italie, pour Piranesi, ils mènent campagne ensemble contre le Musée de Lenoir \ pour l'achat et laménagement en musée des Thermes de Julien, contre le déplacement des œuvres d'art italiennes ^ pour la remise en honneur du*So/i^e de Poliphile de Francesco Golonna^ dont ils espèrent le réveil des principes antiques en architecture. Lors-

1. Winckelm., Lettres familières, Amsterdam, 1781, t. II, p. 2o/(-2i6. Celui-ci fut vraiment surpris et intéressé par les ruines et les inscriptions de Provence, dont Clérisseau lui envoie dessins ou copies (et aussi des détails sur lanécroj^ole des Alyscamps, sur les beaux fragments de marbre de Paros qui décorent le tliéàtre d'Arles). Il l'encourage aies publier; c'est presque sous les auspices de Winckelmann déjà mort que les Monuments de Nîmes (première édit. 1778) ont été composés. Clérisseau fut pour lui une véritable autorité.

2. C'est chez Legrand qu'en 1802 Canova écrit à Quatremère. Clérisseau, Legrand et Quatremère ont eu jusqu'en 1807 mêmes doctrines, même pensée de résurrection de la Gaule romaine, mêmes projets de publication, etc. — Sur Legrand, artiste fort distingué, décorateur de l'Hùtel jMarbœuf, passionné pour Bernard Palissj, pour Francesco Colonna..., dessinateur des monuments construits par Molinos, la charpente de la Halle au Blé (1782), la Halle aux draps (1786), le théâtre Freydeau (i78())..., cf. Biofjr. univers., t. 28, et la A^o//c6' de Quatremère lui-même.

3. Description de Paris, 1''^ partie (1806). — En 1791 ils sont ensemble commissaires du i^'' Salon public au Louvre, et ont fait ensemble campagne contre l'ancienne Académie.

^, Description de Paris, 1''^ partie, p. i63.

Page 1