‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 328 sur 396 · Fr. Benoit, op. cit., p · texte numérisé non relu

Fr. Benoit, op. cit., p

5. Cf. la Correspondance de François Gérard, publiée par Ad. ViolIet-lc-Duc,

LEURS RAPPORTS OFFICIELS 3b\)

semble s'être un peu égaré sur Gros, qui reste bohème, fait mauvais ménage avec sa femme, passe ses soirées au cabaret, ne quitte guère ses bottes à la SouvarofT et va se noyer dans une mare ; sa peinture sent la peste, la mort et la soldatesque. Mais chez les autres elle est claire, décente, distinguée, comme leur personne. Nul n'a plus que Quatremère encouragé les artistes à cultiver « cette puissance des signes extérieurs )). Les Notices historiques sont significatives. Van Spaendonck, peintre de fleurs, ne néglige pas « les devoirs de ses places et les rapports de la société » : le genre est aristocratique ; sa principale cliente et élève est la marquise de Groslier. L'architecte Dufourny, d'une vieille famille de négoce, a réuni un riche cabinet, où il se donne les joies de l'amateur. Girodet s'occupe d'administrer la fortune à lui léguée par le D' Trioson et se pique d'y exceller. Le sculpteur Dupaly, fils du président à mortier du Parlement de Bordeaux, n'a jamais oublié sa naissance : c'est pourquoi il reste fidèle « aux convenances de son art ». Le type de l'artiste bien posé est le sculpteur Lemot, le baron Lemot : Grand Prix à dix-sept ans (1790), ce précoce génie est présenté à Marie-Antoinette; il achète à Clisson un domaine, près du château du connétable relevé par l'intendant Cacault, y Adllégiature tous les étés, « assure par le majorât fondé sur son jeune fils la destinée de la terre », et s'y érige un tombeau. Son œuvre est de la sculpture de baron : les sujets en sont Henri IV, Louis XIV, Marie-Antoinette, le style en est le décorum officiel . Quatremère félicite Chalgrin, Gérard, Guérin d'avoir été riches et d'avoir montré leur richesse : (( Tels furent Parrhasios et Zeuxis..., qui, orgueilleux de leur profession et fiers de leurs talents, prétendaient que leur extérieur annonçât leur mérite ^ » En face delà bohème romantique, il a fait beaucoup pour établir le prestige officiel de ceux en qui s'exerce une des fonctions de la vie nationale. On dirait que ce platonicien oublie à propos d'eux le mot de Socrate sur le sage et sur lui-même, à la fin

I. Notice sur Chalgrin (1816), sur l^eyrc, Diifoiirny, Gucrin, etc.

36o QUATREMÈRE ET LES ARTISTES

du Phèdre, sur les bords de l'Ilissus : « Pan secourable, et vous toutes, divinités de ces lieux, donnez-moi au sortir d'ici la beauté intérieure de lame, et faites que chez moi l'extérieur soit en harmonie avec cette beauté spirituelle. Que le sage me paraisse toujours riche. Puissé-je n'avoir de richesses que ce que le sage peut en porter et employer \ » En revanche il a pour eux la philosophie d'Iiippias, qui se propose comme fin la fortune, la considération et toutes les joies de Tamour-propre.

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