Séance d'avril 1828 (Journal des Savants, même date
8. Stendhal, Salon de 1824 (Mélanges d'Art et de Littérature, Paris, Lévy, 1867, p. 238).
LEURS RAPPORTS PARTIClfLIERS .^-yQ
albâtre ' » ; aux salons la sculpture prodigue les blasphèmes à sa mémoire : en i833, c'est la Mendicité de Préault, le Gain d'Etex, le Sabbat d'Antonin Moyne..., en i83/l le Saint-Michel de Jean du Seigneur, les bustes de Dantan, les animaux de Barye... Alors paraît le « Canova », pour rallier les fidèles du grand art et faire honte à la sculpture romantique ^
En face du goût berninesque et de l'imitation du modèle Canova est le restaurateur de l'antique ; mais son imitation n'est point « singerie » : elle est profondément originale, elle est l'originalité même, puisque celle-ci ne saurait jamais être qu'une adaptation personnelle du goût antique. Il ne le cherche du reste ni dans les copies d'originaux, ni dans les copies de copies , qui conduisent au style méthodique et rigide de notre Ecole. Avant que fussent révélés les marbres d'Elgin, son art les avait devinés; depuis, il en perpétue la beauté complexe, faite d'idéal et de naturel. Comme Phidias, il a le don d'animer le marbre, la vie de la chair, le frémissement de la vie, sans aucune trace de technique. Le nu, l'allégorie, le colossal lui composent un grand style. Exceller au charme, à la grâce, ne l'empêche pas d'avoir la vigueur : celui qui a sculpté l'Amour et Psyché a fait le Pugilateur, Hercule et Lycas.
Que cette campagne par la plume ait réussi, c'est ce que prouvent l'amertume d'Em. David^ dans sa défense du génie national et la colère de Latouche contre ces « voix professorales )) qui immolent à Canova nos artistes découragés *. Mais, pour quelques protestations, que d'échos^ ! Il est dif-