‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 39 sur 396 · Rapport du 7 septembre · texte numérisé non relu

Rapport du 7 septembre

II. Bibl. Nat., Est., supplément non relié. 5. Au revers d'une lettre à Rondelet (F^^ 333», iG" liasse). G. Pour toutes ces lettres, cf. Arcli. Nat., F*'' 320», 12*^ liasse/ ri 3, 1G9, 170, 182, etc., etc.

chérit comme un peu sienne* ; sien aussi le fronton sculpté par Moitte : c'est parce qu'il l'a conçu jusque dans le détail des attitudes ^ des gestes et des expressions, qu'il a calculé les masses de pierre et le degré de saillie, constamment surveillé la marche du ciseau, qu'il ne cessera de le donner comme modèle aux générations de sculpteurs. Cette intervention insistante vexe Soufïlot le Romain \ dont le rôle se réduit, l'ex-abbé Mulot \ la Commune des arts..., mais la plupart des artistes se soumettent de plein gré à son autorité, que justifie sa compétence.

Quelle est maintenant la qualité de cet art dont la conception et certains caractères d'exécution lui appartiennent en partie ? Il ne s'agit pas de l'architecture. Sainte-Geneviève étant un édifice (( sinon fini, du moins fait », il n'était que de l'accommoder à sa destination nouvelle. Le paradoxe de Soufïlot, qui logea le christianisme dans un temple, disparaît, car le christianisme est expulsé et le temple reste, rapproché encore de l'idéal antique ; non seulement Quatremère abat les tours, bannit l'ancien projet d'une sacristie, veut supprimer la lanterne qui, selon lui, défigure la coupole et remplacer la croix par la statue de la Renommée, mais encore il veut isoler le Panthéon, comme les temples antiques, en le dégageant des (( masures qui l'offusquent », et envoie au procu-

1. Cf. ses lettres à Jallier de Savault, à Poyet, de février 1798 ; il s'est énergiquement occupé d'installer Dejoux au Roule, comme plus tard Lemot.

2. « Le fronton, dégagé de l'insipide amas de nuages, d'anges et de rayons qui offusquent la raison, recevrait l'image de la Patrie sous la forme d'une femme vêtue d'une longue robe et accompagnée de symboles qui caractérisent la France. Debout et au milieu du fronton, les deux bras étendus, elle tiendrait de chaque main une couronne. A sa gauche, le Génie, sous la forme d'un jeune homme ailé, saisirait la couronne, tandis que de l'autre côté la Vertu, sous l'emblème plus modeste d'une jeune fille, semblerait l'attendre ; les attributs des vices et des passions terrassées occuperaient la partie rampante du fronton » {Rapport au direct, du Département, Paris, 1791, Bibl. Nat., Lb'*^^ i65).

3. Notes de M. Soufjlot, inspecteur de... la nouvelle église Sainte-Geneviève, sur le rapport... de M. Q. de Quincy, s,d., Paris, Jansen. Il se dit « neveu à la mode de Bretagne » du grand Soufïlot, avec lequel M. Wallon l'a confondu dans son étude sur Quatremère.

k. Lettre au président du directoire du département, 2G juillet 1792 (F'^ 325^/ lia). — Cf. la Défense de Quatremère (F'3 333=^, liasse i).

LES TRAVAUX d'aRT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS 3?

reur syndic trois plans. Une enceinte circulaire le circonscrira, comme autrefois le temenos ou le templum, plantée d'un Elysée ou bois sacré ; pour entourer l'enceinte elle-même d'une place demi circulaire, en forme d'exèdre, selon le dessin déjà amorcé par la Faculté de droit, il s'adresse à la régie des biens nationaux et fait réserver le terrain ; enfin, pour ménager au temple son avenue, il arrête avec la régie l'alignement et les expropriations de la voie triompliale qui y monterai Nous lui devons donc, sinon la conception^ et l'exécution définitive, du moins la mise au point du plan d'un des plus beaux ensembles de Paris. Quant à l'organisme de l'édifice, il regrette finement qu'il « participe au système des gotbiques » : Soufïlot, en commettant Fbérésie de voûter sur des colonnes isolées, au lieu que les anciens plafonnent toujours sur elles, a été dans la nécessité de multiplier en les divisant poussées et résistances : de là trop de A^ariété, de voussures, de lunettes et d'évidements, « mélangés au système régulier de l'arcbitecture grecque^ ». Quatremère peut du moins supprimer les quarante-neuf croisées qui versent dans l'édifice des flots de lumière, où se noient les reliefs sculptés et oii s'évanouissent les pensées graves de l'immortalité. Les temples antiques étaient moins éclairés, et par en baut : il ne laissera donc pénétrer la lumière que par les cintres supérieurs, dépolis, par les fenêtres de la coupole, et par l'unique porte centrale après suppression des deux autres ''.

1. Cf. le ler rapport, de juillet 1791 ; l'analyse dans la Chronique de Paris, 0 août, p. 876 ; les lettres de Quatremère à Le Camus et au procureur syndic, en 1798 (AN, F'"'^ SSSa, 4" liasse, n^» 169, 3o2, etc.). L'Élyscc, tel qu'on le prévoyait, apparaît dans l'estampe de l'Elu; et Lakanal, dans son rapport du 29 fructidor à la Convention sur la sépulture de J,-J. Rousseau, demande, après Quatremère, un Elysée grave et silencieux de peupliers. Le jardin de l'ancienne ahbaye Sainte-Geneviève, comme l'indiquait Quatremère, facilitait le projet, que la sensibilité élégiaque du public accueillit avec joie (Rapport de Lebreton en 1808, p. 176) : cf. les est. de Lagrenée, gravée par Miger, sur les funérailles de Voltaire, et de Millin {Antlqait. Nationales, t. V, pi. IX).

2. Elle appartient à Soufflet (cf. Quatremère, Histoire de la vie et des ouvrarjes des plus célèbres architectes, i83o, t. II, p. 3/14).

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