‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 51 sur 396 · Les Monuments de Paris, 18/49, P · texte numérisé non relu

Les Monuments de Paris, 18/49, P

5o l'intervention dans les oeuvres

sortir de l'édifice, qui n'est après tout qu'un sanctuaire \ pour aller dans Paris, vers la nation, faire passer sous ses yeux les symboles de l'idée républicaine. Remarquons qu'entre l'art du Panthéon et celui des cortèges il établit lui-même une étroite connexion : pour le stylobate du dôme il a prévu et commandé une frise de cérémonies funèbres, qui devaient être (( les Panathénées françaises ». Il demande à Roland, pour le jiéristyle, l'exécution en marbre de la statue de la Loi, dont le modèle en plâtre et toile a servi dans plusieurs (( pompes^ )) ; sous le péristyle ou dans les cryptes il recueille les chars ou les cénotaphes qui ont porté et qui gardent, sous une forme artistique, les cendres des grands hommes ; en 1793, il demande et obtient que le Directoire du département engagera l'Assemblée à mettre l'inauguration du Panthéon au nombre des fêtes et cérémonies dont le Comité d'Instruction publique va présenter le plan pour l'anniversaire du lo août, et lui-même hâte la décoration et la toilette définitive du monument \ En l'an II, s'il se préoccupe avec le Comité de ménager tout autour une vaste place, c'est pour fournir aux théories un lieu d'évolution ^. L'idée même de la transformation de Sainte-Geneviève fut provoquée, non chez Pastoret, mais chez lui', en avril 1791, par

1. Il n'était ouvert, en dehors des cérémonies publiques, qu'aux personnes autorisées par le Directoire du département ou par l'administrateur, et celui-ci y fit mettre un « custode w (cf. Tuetey, Répertoire des sources manuscrites..., t. VJ, passim).

2. Roland le remercie de cette idée « très belle et très noble », et se met à transformer son « mannequin » en un modèle en plâtre, qui resta longtemps sous le péristyle (Lettre de Roland, 22 avril 1798, Arch. Nat., F'^ 325'i). Quatrcmèrc dit que Roland « avait le goût du grand et avait pensé grandement sa figure » (^Notice historique sur Roland, 1819); il y eut aussi de lui \\n bas-relief de la Patrie montrant la Justice, qui faisait pendant à celui de Lcsueur, qui nous reste.

3. Lettre au département de Paris, 11 juillet (Arch. Nation., F'3 SSS^^, i''« liasse).

4. C'était aussi le désir du comité d'Instruction publique (Arch. Nat., F'3 325», !■■« liasse).

5. C'est lui qui « proposa de métamorphoser en Panthéon l'église Sainte- Geneviève » (Deseine, Notice historique sur les anciennes Académies, 181 /^, p. 178). Le rôle de Pastoret, qui était procureur-syndic, fut donc de rendre officielle la proposition.

LES TRAVAUX DART ET EMRELLISSEMENTS DE PARIS 5l

l'imminence de la glorification publique de Mirabeau ; et sa lettre à l'Assemblée, du i3 avril', comme sou rapport et projet de décret au Directoire du département, en juillet, prévoient dans le Pauthéon nouveau, moins un camposanto de la mort, cpi'un temple de l'Immortalité, où des fêtes de la gloire propageront l'émulation du patriotisme. Fêtes publiques ou sculpture monumentale, son esthétique reste donc la môme, mais ici elle déborde l'œuvre d'art immobile pour se développer en mouvements. Son rôle eût été plus considérable si son mandat politique n'eût cessé avec la Législative "^ ; ici du reste, comme en bien des cas, l'inspirateur disparaît souvent derrière F artiste qui exécute.

Membre de la Commune, il est nommé le 28 septembre i789\ sans doute comme architecte et avec les architectes Gellerier et Jallier de Savault, commissaire pour préparer et régler la cérémonie de la bénédiction des drapeaux à Notre- Dame (27 septembre). Certes, ce n'est pas dans les (( décharges continuelles de boîtes et de fusils » , exécutées dans la cathédrale par la garde nationale pour ajouter « à la pompe et à la majesté », qu'il faut chercher une idée artistique, ni dans l'énorme cortège, encore militaire et religieux, qui se déroule de l'Hôtel de Ville à Notre-Dame '' ; mais les trois commissaires font dresser de chaque côté de la nef des gradins superposés, dont leur compétence d'architectes aurait à elle seule laissé deviner le caractère amphithéâtral. Le dessin de Prieur gravé par Berthault ' précise leurs intentions ; ils n'ont voilé d'un décor pseudo-classique ni le jubé ni les piliers gothiques ; mais le premier, qui remplaçait le vieux jubé de la fin du xiii*' siècle abattu en 1699, était lui-même dans le goût voulu avec ses pieds droits ornés

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