Arch. de l'Art français, 3 ' série, 1900, p. i43-i
LES TRAVAUX d'aRT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS /jQ
tral de son fronton à lui (iSS/i-iSSy) n'est qu'une variante du motif conçu par Quatremcre et exécuté par Moitte, une distribution de couronnes, pure allégorie \ de costume idéal, égarée parmi des civils et des militaires de costume et de physionomie modernes!. Il est piquant de constater qu'une des conceptions plastiques de l'administrateur du Panthéon français, perpétuée par David d'Angers, est encore sous nos yeux.
Atout prendre, son administration, tout en ouvrant ofTiciellement l'ère nouvelle de la sculpture, sauvait un des beaux monuments de Paris. (( Il ne l'abandonne pas, dit Lebreton, à l'enthousiasme du moment », il ne l'expose pas au double péril de le détruire lui-même en cherchant à le transformer dans ses œuvres vives, ni de le voir détruire plus tard en le couvrant de sculptures que la réaction n'eût pu arracher qu'à condition de le mutiler. Aussi les historiens ou chroniqueurs de Paris, L. Prudhomme% Mayer\ Dulaure% Legrand et Landon, Fontaine, Pigeory^ ont-ils fait place dans l'histoire du monument à celui qui trouA^a moyen de lui faire franchir sans trop de dommages la redoutable crise.
Y. — Quatremère, qui inspire l'art du Panthéon, ne pouvait manquer de s'intéresser aux grandes cérémonies civiques, dont le culte des grands hommes est l'objet et le Panthéon le temple approprié. L'art le plus vivant de la Révolution est dans ses fêtes. Il a fort bien compris que, puisque le grand art est de destination publique, il devait
1. Le Magasin pittoresque (1887, P* 25o) félicite David « d'avoir osé restaurer l'allégorie ».
2. Curieuse coïncidence : c'est l'année même où ce fronton de style mixte est découvert que paraît VIdéal (1837), où Quatremère condamne durement et le costume moderne, et le mélange du style « positif » et du style idéal.
3 Le Miroir historique de l'ancien et du nouveau Paris, 3^ édit., t. III, 1807, p. i35 sq.