‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 68 sur 396 · Séance de mars i8o5 (L. Passy, Frochot, p · texte numérisé non relu

Séance de mars i8o5 (L. Passy, Frochot, p

5. Hanté, comme Quatremère, du type des campi santi pour les cimetières de Paris (cf. les Mémoires de Bausset, t. IV, p. 240); cf. d^ussilo Moniteur du i5 avril 181 7.

no l'intervention dans les oeuvres

santo pisan, avec son portique extérieur ouvert sur un élysée d'arbres, sa galerie intérieure abritant les tombes autour d'un asyle vert, et sa chapelle luctuaire couronnée d'un dôme.

Ainsi disposé, le Campo Santo doit être un « muséum de sculpture ». Quatre mère y a voulu et en partie obtenu un réveil de la sculpture funéraire. Non qu'il ait réussi, malgré ses instances, à y faire restituer les mausolées ou cénotaphes (( ensevelis » dans le Musée des Monuments français; le transfert du mausolée d'Héloïse et d'Abeilard au Père- Lachaise est le seul effet de sa campagne et de celle de Deseine. Mais, comme les monuments funéraires se multipliaient sans goût dans les nouveaux cimetières, il fait prendre par le Préfet \ pour entretenir l'émulation parmi les artistes, un arrêté selon lequel nul ne pourra se charger d'ériger des monuments, sauf les sculpteurs de profession, sans autorisation de l'architecte du département. C'était, dit le Moniteur, pour assurer l'avenir de cette « branche précieuse de l'art » ; c'était surtout pour prévenir tout retour des représentations macabres que Bernini, les Goustou, Pigalle, Slodtz, Cochin et les sculpteurs de Westminster avaient prodiguées " : squelette, temps avec sa faux, crânes et tibias, tombeaux entr 'ouverts, sabher, etc. Quatremère, néo-grec, a un insurmontable dégoût, comme tous les antiquomanes de son temps, pour cette sculpture dramatique et pittoresque, dont le principe est chrétien, mais qui faisait regretter dans nos églises de Paris (( la maussade bonhomie du genre gothique ». Après Winckelmann et surtout Lessing, persuadé que « l'image et l'idée de la mort étaient soigneusement écartées » de l'art

1. Moniteur du 20 juillet 1816. Cf. aussi les Annales des Bâtiments, t. I (1816), p. 266.

2. Cf. l'article Cimetière dans le Dictionn. encycl. d'arcli., les Réflexions sur les mausolées (Revue universelle, t. XXII, p. 86). Même critique dans le Rapport de Lebreton à l'empereur en 1808, p. 12/1, dans la Décade de l'an XIII, t. 43, p. 3 12, etc.. Pour les œuvres voir surtout Millin, Abrégé des antiquités nationales, t. II, pi. 16, 26, /JQ, et J. GuifTrey et P. Marcel, Invent, général des dessins du Louvre, t. III, n»* 22-^8, 227g.

antique \ il prône le cippe et la stèle, le sarcophage et la pyramide, l'urne cinéraire, la clepsydre, la torche renversée, tous les lieux communs que Ganova a renouvelés : voilà ce qui doit peupler, au milieu « de jardins délicieux "», les cimetières de Paris. Son vœu ne fut que trop exaucé : témoin les mausolées de la Restauration au Père-Lachaise, les curieuses estampes postérieures à 1 8 1 5 , et la protestation que lui-même finit par élever contre l'excès de la copie, contre « ces espèces de recueils de tout ce que comprennent les collections antiques en fait de tombeaux^ ».

Il a la passion des fontaines^, comme l'Empire qui en a créé soixante-cinq, comme Rome dont il se souvient. « Il est peu d'inventions qui exigent plus de goût et de jugement. » S'il se félicite avec Molinos de leur multiplication, c'est que celui-ci, inféodé à son esthétique, va avoir « l'occasion de faire intervenir la sculpture allégorique^ ». Nous savons la sollicitude qu'il a eue pour la fontaine des Innocents en 1787, et qu'en 1800 il a émis le premier devant le Conseil général le projet d'une fontaine sur l'emplacement du Ghâtelet. L'année suivante, il forme avec le Conseil le projet de la fontaine de Desaix sur la place Dauphine, que Fontaine et Fortin, choisis au concours par le Conseil encore, exécuteront dans le style qui lui est cher : antiquité, allégorie, draperie et nudité héroïques.

En i8o3-i8o/i, il reprend les essais sollicités naguère par Chaptal, par l'Institut, par Denon, par Legrand et Peyre aîné, pour défendre contre les intempéries et les taches de lichen les statues de nos jardins et de nos monuments publics \ C'est, à l'époque, une préoccupation générale. La capitale

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