Notice sur Molinos
6. Cf. Magaz. encycl., IX*-' année, t. IV, p. 87 ; le Moniteur du 10 vcndém. an XII; et les Arch. Nat., F^^ 910, no» 35o, 621, 622 sq.
renaît; aux artistes-archéologues, tout pénétrés du souvenir des villes et villas de l'antiquité ou de la Renaissance italienne, les statues en place paraissent un des charmes de Paris. Afin de leur éviter l'infortune de quitter leur destination, où elles sont vivantes, pour finir dans le musée nécropole de Lenoir, suivons l'exemple des anciens, dont les chefsd'œuvre de marbre, l'Antinous, l'Apollon... nous arrivent avec un poli et une fraîcheur d'épiderme que la préparation à l'encaustique a conservée ; d'après les formules transmises par Pline et Vitruve, il compose dogmatiquement un enduit à la cire et à l'huile d'œillet, qui bouche les pores, intercepte l'humidité, et finit par donner au marbre la teinte ivoirine des antiques. Sa chimie même est archéologique, mais l'intention en est actuelle, pressante : il faut permettre à la beauté des œuvres de s'épanouir impunément sous les cieux, parmi la verdure, aux yeux de tous. D'accord avec le Préfet de la Seine, et secondé par Molinos et Legrand, il en tente l'application à trois statues de la fontaine de Grenelle, où Bouchardon a retrouvé le secret de la beauté antique. Un mémoire administratif au Préfet^ sollicite l'extension de cette mesure de piété conservatrice, qui réussit momentanément^, à toutes les statues et bas- reliefs de Paris, et un mémoire^ à la section des Beaux-Arts de l'Institut en expose l'analyse aux artistes. J. Lebreton'^, secrétaire perpétuel de la Classe, le Magasin Encyclopédique \ le Moni-
1. Aujourd'hui perdu avec les anciennes archives de la Seine.
2. Moniteur, 3 nivôse an XIII. Beulé (L'Acropole d'Athènes, t. II, p. gS) cite le mémoire sur l'encaustique comme faisant autorité. Pourtant, dès i8o6, Ghampagny, ministre de l'Intérieur, demandait à Alex. Lenoir d'expérimenter sur les statues de son Musée un enduit nouveau inventé par le sieur Désormaux, après insuccès du premier. Lenoir le recommande, et plus encore le procédé proposé jadis « par feu Bachelier, peintre du Roi » (Archiues du Mus. des Monum. français, nos 331^ 332). — En 1819 {Moniteur, 6 sept, et 11 oct.), on restaure toutes les fontaines de Paris et on les revêt d'un mastic de la composition de Diehl,
3. Lu le 25 messidor an XII (en manuscrit à la Bibl. de l'Institut). Cf. la Décade, t. XLIII, p. 3i.
d. Notice des travaux de la classe, 7 vendémiaire an XIII. 5. i8o3, vol. VI, p. 116. — La Décade, an XIII, t. 43.
leur* s'en font les échos et expriment au « savant antiquaire )) la reconnaissance de Paris, qui lui devra l'immortalité sur place de ses dieux ou héros de marbre.
Son dernier hommage à la beauté de Paris sous l'Empire, dn moins de ceux que nous pouvons connaître, est sa collaboration, après la mort de Legrand (1807), à la Description de Paris^, de Landon, dont il écrit en 1808 la seconde partie : (( Les Palais ». Landon nous apprend qu'il n'y collabore que par « amour de l'art », par pieuse fidélité à la mémoire et aux projets de Legrand, et qu il ne renonça lui-même à l'achever que par la multiplicité de ses occupations. Mais sa personnalité s'étend à la première partie, les « Eglises », otj Legrand a perpétué partout l'écho des idées de son ami^ et aux troisième et quatrième parties, « Edifices d'utilité publiques », (( Hôtels et Maisons » particulières, oii Goulet le mentionne à propos de l'arc du Carrousel et le répète à propos de la fontaine des Innocents *.
Quant à son œuvre à lui, elle prélude par un regret, ou plutôt une nostalgie, que Percier et Fontaine ont témoignée avant lui : celle des palais de l'Italie', « où le principe de laristocratie domine », et que Thibault, Durand, Huyot..., essaient d'acclimater à Paris ^ Mais ici, qu'il s'agisse du Louvre et des « Thuileries », des Palais des Thermes, de Justice, du Luxembourg, de l'Institut, du Palais Bourbon, du Palais Royal, de l'Hôtel de Ville ou de l'hôtel de Salm, un historique, où se révèle la connaissance de Sauvai, Félibien, S'^'Foix et Piganiol, et celle des plans, constructions et constructeurs anciens; une description du monument actuel tel que l'ont laissé les âges ; l'indication des travaux en cours