SIGNÉ GAUVAIN
effrayant fourmillement se fit sous les arbres. De la métairie on se jetait dans le bois. Il y avait des tambours qui battaient la charge. On ne tirait plus de coups de fusil. Cela ressemblait maintenant à une battue ; on semblait fouiller, poursuivre, traquer; il était évident qu’on cherchait quelqu’un; le bruit était diffus et profond ; c’était une confusion de paroles de colère et de triomphe, une rumeur composée de clameurs; on n’y distinguait rien; brusquement, comme un linéament se dessine dans une fumée, quelque chose devint articulé et précis dans ce tumulte, c’était un nom, un nom répété par mille voix, et le marquis entendit nettement ce cri :
« Lantenac! Lantenacl le marquis de Lantenac! »
C'était lui qu’on cherchait.
Les péripéties de la guerre civile
Et subitement, autour de lui, et de tous les côtés à la fois, le fourré se remplit de fusils , de bayonnettes et de sabres, un drapeau tricolore se dressa dans la pénombre, le -cri Lantenac! éclata à son oreille, et, à ses pieds, à travers les ronces et les branches, des faces violentes apparurent.
Le marquis était seul, debout sur un scvmmet visible de tous les points du bois. Il voyait à peine ceux qui criaient son nom, mais il était vu de tous. S’il y avait mille fusils dans le bois, il était là comme une cible. 11 ne distinguait rien